Le Bloc Centriste d’Haïti réclame la démission du CEP

La correspondance adressée par le Bloc Centriste d’Haïti (BCH) aux membres du Conseil Électoral Provisoire (CEP), dans laquelle l’organisation politique exige leur démission immédiate, suscite des interrogations et des critiques dans les milieux politiques et institutionnels.

Port-au-Prince, 3 mars 2026

Dans sa lettre, le BCH affirme que l’actuel CEP aurait perdu toute légitimité en raison de son origine dans l’accord politique du 3 avril 2024, un cadre que la structure juge désormais caduc après le départ du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) le 7 février 2026. Sur cette base, le regroupement politique estime que les membres du CEP devraient se retirer de leurs fonctions.

La lettre du BCH évoque également une prétendue imposition du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé par la communauté internationale après la fin de la transition. Cette affirmation, avancée sans éléments détaillés, est perçue par certains analystes comme une accusation politique qui mériterait d’être étayée par des preuves ou des arguments plus précis.

Le document critique par ailleurs le « Pacte national de la stabilité et de l’organisation des élections », que le BCH qualifie de texte sectaire. Néanmoins, la correspondance ne développe pas d’analyse approfondie des dispositions de ce pacte ni de leurs implications institutionnelles, ce qui limite la portée de la critique formulée.

Pour plusieurs acteurs de la société civile, la démarche du Bloc Centriste d’Haïti pose surtout la question des alternatives proposées. En demandant la démission du CEP sans présenter de mécanisme de remplacement ni de plan clair pour la poursuite du processus électoral, la position du bloc apparaît à certains comme une initiative susceptible d’accroître l’incertitude institutionnelle.

Dans un contexte marqué par une crise politique prolongée et par l’attente d’élections permettant de renouveler le personnel politique, certains observateurs estiment que les interventions des organisations politiques devraient s’accompagner de propositions concrètes et de solutions institutionnelles viables.

Jusqu’à présent, le Conseil Électoral Provisoire n’a pas réagi officiellement à la correspondance du Bloc Centriste d’Haïti.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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