Débat autour de la ministre du Tourisme : Me Arnel Rémy appelle à juger sur les compétences plutôt que sur le passé
L’avocat et militant des droits humains Me Arnel Rémy, coordonnateur du Collectif des Avocats pour la Défense des Droits de l’Homme (CADDHO), a vivement réagi aux nombreuses critiques visant la nouvelle ministre du Tourisme, Stéphanie Smith, entrée officiellement en fonction mercredi.

Port-au-Prince, le 5 Mars 2026.
Dans une déclaration publique, le juriste a dénoncé ce qu’il considère comme une campagne de dénigrement menée contre la ministre dans certains secteurs de l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux. Plusieurs commentaires mettent en avant son passé professionnel pour remettre en question sa capacité à occuper ce poste. Pour Me Rémy, une telle attitude relève d’une forme de discrimination qui ne correspond pas aux valeurs d’une société démocratique.
Selon lui, le parcours social ou les métiers exercés auparavant ne devraient jamais servir à exclure quelqu’un de la gestion des affaires publiques. Il estime que le débat devrait plutôt porter sur les compétences réelles de la personne concernée et sur les résultats qu’elle sera capable de produire dans l’exercice de ses fonctions.
L’avocat s’est interrogé sur la logique de certaines critiques : « Parce qu’elle a été serveuse, cela voudrait dire qu’elle ne peut pas devenir ministre ni aimer son pays ? » Par cette question, il dénonce une forme de mépris social qu’il juge injuste et inacceptable.
Me Rémy invite donc la population à adopter une attitude plus respectueuse envers les citoyens qui choisissent de s’engager dans la vie publique afin de contribuer au développement du pays.
Le défenseur des droits humains rappelle également qu’il est habituel, dans les systèmes démocratiques, d’accorder un délai d’observation aux nouveaux responsables. Selon lui, il est généralement admis qu’un dirigeant bénéficie d’une période d’environ cent jours pour démontrer sa capacité à agir avant d’être jugé sur son travail.
Par ailleurs, il considère que certaines attaques dirigées contre la ministre à cause de lapsus ou de maladresses dans ses interventions publiques sont exagérées. De telles erreurs, explique-t-il, sont humaines et ne peuvent à elles seules remettre en cause la compétence d’un responsable politique. Il souligne que plusieurs dirigeants à travers le monde ont déjà commis des erreurs de langage sans que leur crédibilité ne soit durablement affectée.
Me Rémy a également tenu à préciser qu’il ne parle au nom d’aucun parti politique. Il affirme intervenir uniquement en tant que citoyen et défenseur des droits humains, avec pour objectif de dénoncer toute forme de stigmatisation ou d’exclusion dans la vie publique.
« Un passé professionnel modeste ou une erreur de langage ne devraient jamais constituer un obstacle à l’occupation d’une fonction importante dans le pays », a-t-il insisté.
Pour conclure, l’avocat estime que la présence de jeunes personnalités dans les sphères de décision peut représenter un message d’espoir pour la jeunesse haïtienne. Selon lui, cela peut encourager davantage de jeunes à poursuivre leurs études, à se préparer sérieusement et à croire qu’ils peuvent, eux aussi, participer un jour à la construction de l’avenir d’Haïti.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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