Corruption en Haïti : 92 % des citoyens jugent le phénomène très élevé, selon une enquête du PNUD et de l’ULCC

La corruption demeure l’un des principaux défis de gouvernance en Haïti. Une enquête diagnostique sur la gouvernance et la corruption, présentée le mercredi 4 mars à Port-au-Prince par le Programme des Nations unies pour le développement en partenariat avec l’Unité de lutte contre la corruption, révèle l’ampleur d’un phénomène qui affecte l’État, les ménages et le secteur privé.

Port-au-Prince, 5 mars 2026 —Selon les résultats de cette étude réalisée en 2025, 92 % des personnes interrogées estiment que la corruption est très élevée en Haïti, confirmant une perception largement répandue dans la société. Les données présentées dressent le portrait d’un système marqué par une forte défiance envers les institutions publiques.

L’enquête souligne également les conséquences directes de cette situation sur les services publics. Près de 71 % des ménages interrogés affirment avoir constaté une dégradation de la qualité des services publics, dans un contexte où les institutions peinent déjà à répondre aux besoins essentiels de la population.

Le secteur privé se dit lui aussi fortement affecté. Neuf entreprises sur dix considèrent la corruption comme un obstacle majeur à la compétitivité, estimant que ce phénomène freine les investissements et complique l’environnement des affaires. Par ailleurs, 67 % des répondants estiment que la corruption prend racine au sein même des institutions publiques, ce qui traduit une crise de confiance profonde envers l’appareil étatique.

L’étude met également en lumière l’impact différencié de la corruption selon le genre. Environ 52 % des répondants estiment que les femmes sont davantage touchées par ce phénomène, notamment en raison des obstacles supplémentaires qu’elles rencontrent dans l’accès aux services publics, à la justice et aux opportunités économiques.

Pour le PNUD, cette dimension doit désormais être intégrée de manière systématique dans les politiques publiques de gouvernance et dans les stratégies de lutte contre la corruption.

Les institutions impliquées indiquent que cette enquête ne constitue pas seulement un diagnostic, mais également un outil destiné à orienter les politiques publiques. Les données recueillies serviront notamment de base à l’élaboration d’une nouvelle stratégie nationale de lutte contre la corruption, pilotée par l’ULCC avec l’appui du PNUD.

L’objectif est de renforcer les mécanismes de prévention, d’alerte et de protection des lanceurs d’alerte, tout en mettant en place des mesures coercitives adaptées.

Dans un pays où la corruption est régulièrement identifiée comme l’un des principaux obstacles au développement, les autorités espèrent que cette initiative permettra de transformer les constats en réformes concrètes. Reste toutefois à savoir si ces recommandations se traduiront par des actions capables de renforcer la transparence et de restaurer la confiance des citoyens envers l’État.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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