Utilisation des drones explosifs: un an après, le bilan mitigé

L’utilisation des drones à charges explosives dans la lutte contre les gangs est nouvelle en Haïti. Le premier largage a eu lieu il y a tout juste un an, soit le 1er mars 2025. Mais 12 mois plus tard, le bilan des opérations est mitigé, voire négatif.

Port-au-Prince, le 5 mars 2026. C’était le samedi 1er mars 2025 dans l’après-midi. Des drones kamikazes ont été lancés à Delmas 6, fief du chef de gang Jimmy Cherisier.

Si plusieurs bandits ont été tués, Barbecue a eu la vie sauve. Un scénario qui se reproduit depuis 52 semaines.

“Des drones largués sur des territoires contrôlés par les bandits, des “soldats” dépécés mais aucun leader des gangs armés neutralisé”, constate plus d’un.

Les principaux ténors des foyers de gangs sont toujours en vie et en liberté. Ce qui fait planer des doutes concernant l’efficacité de cette approche.

Si pour les autorités, cette manœuvre a réduit considérablement la violence, des observateurs notent un bilan au dessous des attentes, voire négatif.

Selon des rapports des organismes de droits humains, ces frappes ont conduit à la mort ou aux blessures de centaines de membres des gangs.

Certaines sources parlent d’au moins 300 membres de groupes armés neutralisés, tués ou blessés, dans ces attaques aériennes.

Cependant, l’utilisation de ces drones n’a pas permis de capturer les chefs de gangs, ni de les éliminer.

Ces derniers continuent d’exercer leur pouvoir de terreur dans plusieurs secteurs de la capitale.

Toutefois, les drones ont permis de frapper des bastions inaccessibles autrement, rendant plus difficile certaines activités criminelles.

Dans certains quartiers, leur utilisation a permis une réduction des agressions de gangs, selon le constat des organismes de droits humains dont le RNDDH, évoquant la neutralisation de plusieurs individus armés. Cependant, aucun chef de gang n’a été appréhendé ou éliminé.

Pourquoi l’impact est-il aussi limité?

Selon un haut responsable de la Police Nationale d’Haïti, également membre de la Task force, les drones explosifs ont certes ajouté une dimension offensive à la lutte contre les gangs, mais ils n’ont pas provoqué l’équilibre voulu.

Souhaitant garder l’anonymat, il souligne que l’influence des chefs de gangs s’étend au‑delà des informations détenues par les autorités.

Il évoque, par exemple, l’arrestation d’un policier de la 26e promotion surnommé “drone” et membre du Corps d’intervention et de maintien de l’ordre (CIMO), accusé de ripoux alors qu’il participe aux opérations mobilisant des engins à charge explosive.

De plus, souligne-t-il, sans une tactique au sol et un vetting au sein de la PNH, ces frappes resteront sans résultats. Elles ont certes imposé des coûts humains aux bandes armées, mais sans permettre une reconquête durable des territoires ou un retour significatif de l’autorité de l’État.

Notre interlocuteur reconnaît qu’au terme d’une année d’usage opérationnel des drones explosifs contre les gangs armés, le bilan est maigre.

La technique a permis des succès tactiques limités, mettant en difficulté certains groupes, mais n’a pas atteint l’objectif premier de neutraliser les dirigeants des groupes criminels ni de restaurer la sécurité.

Selon nos informations, plus de deux cent drones auraient déjà été utilisés, mais pour quel résultat ?

Belly-Dave Bélizaire

Vant Bèf Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Leave a Reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *