Haïti / Économie : le SPIH, un outil de modernisation du système financier au stade expérimental

Le gouverneur de la Banque centrale, Ronald Gabriel, s’est félicité de l’augmentation continue des transactions via le Système de Paiement Interbancaire Haïtien (SPIH) au cours des dernières années. Ces propos ont été rapportés dans le premier numéro de la rubrique intitulée « Le Mot du Gouverneur », mis en ligne le 4 février 2026. Il convient toutefois de souligner que certains usagers des services financiers rencontrent encore des obstacles pour réaliser des transactions.

Port-au-Prince, le 17 février 2026. –

Selon le gouverneur de la Banque centrale, la mise en œuvre du SPIH constitue une avancée majeure. Elle a permis de renforcer la sécurité et la rapidité des règlements entre institutions financières, tout en réduisant les risques opérationnels. Son impact, poursuit l’économiste Ronald Gabriel, se traduit par une croissance spectaculaire des transactions : le nombre moyen mensuel de transactions SPIH en dollars américains (USD) est passé de 6 390 durant l’exercice 2018-2019 à 53 003 pour l’exercice 2021-2022, soit une hausse de 729,46 %. Dans le même temps, le volume des transactions en gourdes (HTG) est passé de 57 542 à 64 286, soit une augmentation de 11,72 %.
Sur la même période, la valeur moyenne mensuelle des transactions en USD a progressé de 45,55 %, tandis que celle des transactions en HTG a augmenté de 91,09 %.

Le gouverneur a souligné, dans sa rubrique, que cette dynamique reflète, dans une certaine mesure, la forte dollarisation de l’économie haïtienne ainsi que l’importance des transferts de la diaspora.

Le numéro I de La Banque des Banques a également mis en avant un autre outil de modernisation du système de paiement : le Processeur National de Paiement (PRONAP), conçu pour garantir l’interopérabilité, moderniser les infrastructures de paiement et stimuler l’innovation dans les paiements électroniques.

Cependant, de nombreux usagers continuent de faire face à des difficultés dans la réalisation de certaines transactions dans l’économie. Pour le paiement du loyer, par exemple, la plupart des propriétaires exigent un règlement en numéraire, notamment lorsque le montant est fixé en dollars américains, et refusent les paiements via le SPIH.

La même situation se répète pour l’acquisition de terrains ou pour le règlement de frais médicaux chez un dentiste, un ophtalmologue, entre autres.

Il faut aussi souligner que des difficultés techniques, notamment liées à la connectivité, entravent parfois l’exécution des transactions SPIH dans certaines succursales.

Ainsi, selon plusieurs usagers, pour pallier ces problèmes, la Banque de la République d’Haïti devrait intensifier ses efforts de promotion de l’inclusion financière à l’échelle de tous les secteurs d’activité du pays, en concertation avec d’autres institutions publiques.

Jean Allens Macajoux
Vant Bèf Info ( VBI)


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