Haïti : sans accès à l’école, une génération exposée aux groupes armés, alerte le CEMUH

À l’occasion de la Journée internationale contre l’utilisation des enfants soldats, le Centre Muse Haïti (CEMUH) a renouvelé son appel en faveur du respect du droit à l’éducation en Haïti, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante et la fragilisation du système scolaire.

Port-au-Prince, 13 décembre 2026 —Dans un message publié le 12 décembre sur son compte X, l’organisation dénonce les effets de l’occupation ou de la fermeture de nombreuses écoles à travers le pays. « Des portes se ferment et, avec elles, des trajectoires de vie sont menacées », souligne le CEMUH, estimant que l’absence d’accès à l’éducation accroît le risque d’enrôlement des enfants par des groupes armés et favorise le décrochage scolaire définitif.

Selon l’organisation, l’école demeure l’un des principaux remparts contre la violence et la marginalisation. Privés de cadre éducatif, de nombreux jeunes se retrouvent livrés à eux-mêmes, sans repères ni perspectives, dans un environnement où les groupes armés recrutent de plus en plus tôt.

Cette situation est également ressentie par les élèves eux-mêmes. Lors d’une enquête menée par le Centre Muse Haïti sur le droit à l’éducation, une adolescente a déclaré : « Si on ferme l’école, on ouvre la porte à la violence », résumant le sentiment de nombreux jeunes pour qui l’école représente à la fois un espace de protection et une possibilité d’avenir.

Pour le CEMUH, l’éducation dépasse la seule transmission des connaissances académiques. Elle est étroitement liée à la construction de la paix, à l’apprentissage de la citoyenneté et à la capacité des jeunes à se projeter dans l’avenir malgré les crises. « Sans accès à l’école, c’est toute une génération qui risque de grandir sans outils pour construire autre chose que la survie », alerte l’organisation.

À travers ce plaidoyer, le Centre Muse Haïti appelle les autorités nationales et les partenaires internationaux à faire de la protection des établissements scolaires et de l’accès à l’éducation une priorité. Selon l’organisation, la prévention de l’enrôlement des enfants passe avant tout par le maintien d’un système éducatif fonctionnel et accessible, notamment à Port-au-Prince et dans les zones les plus exposées à l’insécurité.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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