Me Marc Antoine Maisonneuve défend la brigade de Canapé-Vert et dénonce une tentative de démantèlement

L’avocat Marc Antoine Maisonneuve a réagi aux informations laissant entendre que le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aurait demandé aux membres de la brigade de Canapé-Vert de déposer les armes. Une initiative qu’il qualifie d’inopportune et de risquée dans le contexte sécuritaire actuel.

Port-au-Prince, le 11 février 2026. Selon l’homme de loi, ceux qui appuient une telle décision seraient « induits en erreur » quant au rôle réel joué par cette brigade communautaire, placée sous la direction d’un policier nommé Samuel.

Il insiste sur l’importance stratégique de ce groupe face à la menace persistante des gangs armés, en particulier la coalition « Viv Ansanm », qui chercherait à s’emparer de la zone.

« J’ai des preuves que ce sont les membres de cette brigade qui repoussent régulièrement les bandits venus terroriser la population. Ils utilisent diverses stratégies pour combattre les criminels », a déclaré Me Maisonneuve lors d’une interview accordée à notre rédaction ce mercredi.

L’avocat soutient que les brigadiers adoptent parfois les mêmes méthodes que les gangs afin d’infiltrer leurs rangs et de mieux les neutraliser. À ses yeux, envisager le démantèlement de cette structure serait une grave erreur. « Penser que le Premier ministre et le colonel Himler Rébu souhaitent démanteler la brigade constitue une erreur », a-t-il affirmé.

Me Maisonneuve a également évoqué les déclarations de l’organisation de défense des droits humains « Karl Lévêque », laquelle aurait souligné la présence avérée de policiers au sein de certains groupes armés. Une réalité qui, selon lui, ne serait un secret pour personne et que la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) serait en mesure de confirmer.

Par ailleurs, l’avocat qualifie de « diversion » les annonces de la Police nationale d’Haïti (PNH) relatives à la récupération de plusieurs commissariats. Il cite notamment le sous-commissariat du Carrefour de l’Aéroport qui, selon lui, n’a pas été effectivement repris par les forces de l’ordre.

C’est le chef de gang surnommé « Barbecue » qui avait lui-même annoncé le retrait stratégique de ses hommes de certains espaces.

L’homme de loi dénonce des manœuvres « démagogiques » des autorités et estime que les brigadiers ont toute leur place tant qu’une lutte sérieuse, structurée et nationale contre les gangs ne sera pas engagée.

« Le jour où un véritable combat sera mené contre les gangs, nous serons d’accord pour qu’on commence à régulariser la situation », a-t-il soutenu.

Tout en reconnaissant l’existence de certaines irrégularités dans le comportement de quelques membres de la brigade, Me Maisonneuve insiste sur la nécessité de leur présence dans le contexte actuel. « Démanteler les brigades, c’est renforcer les gangs », a-t-il martelé.

Il rappelle enfin que les bandits avaient pratiquement pris le contrôle du centre-ville avant l’intervention du policier Samuel et des habitants de Canapé-Vert. « Il faut avoir le courage de rendre hommage à la vérité. Sans Samuel et les riverains de Canapé-Vert, la zone serait déjà tombée », a-t-il conclu.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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