Journée internationale des femmes et des filles de science : la SOFEHJ appelle à une plus grande inclusion des Haïtiennes dans les STIM

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée chaque 11 février, la Société des Femmes Haïtiennes Journalistes (SOFEHJ) a lancé un appel en faveur d’une participation accrue des femmes haïtiennes dans les domaines scientifiques et technologiques, soulignant leur rôle stratégique dans le développement du pays.

Port-au-Prince, mercredi 11 février 2026.-
À travers sa coordonnatrice générale, Martine Isaac, l’organisation insiste sur l’importance de promouvoir la présence féminine dans les secteurs des STIM (Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques), considérés comme des leviers essentiels du progrès économique et social.

Instituée par les Nations Unies en décembre 2015, la Journée internationale des femmes et des filles de science vise à réduire les obstacles limitant l’accès des femmes aux carrières scientifiques. Toutefois, selon la SOFEHJ, cette célébration demeure encore peu valorisée en Haïti.

« On ne peut pas parler d’égalité si les femmes restent à l’écart des outils qui construisent le monde moderne », affirme Martine Isaac.

Selon la coordonnatrice, l’histoire des sciences, longtemps dominée par les hommes, a influencé la manière dont certains enjeux mondiaux sont analysés et résolus. Une plus grande présence féminine dans les STIM permettrait, estime-t-elle, d’élargir les perspectives, notamment dans des domaines comme la médecine, la technologie ou l’intelligence artificielle.

Dans un contexte national marqué par la hausse des violences sexuelles et sexistes depuis 2022, la SOFEHJ considère l’accès des femmes à l’éducation scientifique comme un facteur d’autonomisation. Les métiers scientifiques, souvent mieux rémunérés, favorisent l’indépendance économique et peuvent réduire la vulnérabilité face aux abus et aux relations de dépendance.

L’organisation estime également que l’orientation des jeunes filles vers les sciences constitue un moyen de lutter contre les stéréotypes sexistes. « Une femme formée est mieux armée pour revendiquer ses droits et participer à la construction d’une société plus juste », souligne Martine Isaac.

Une série pour inspirer la relève

Dans cette perspective, la SOFEHJ annonce le lancement d’une série d’émissions courtes diffusées sur les réseaux sociaux, intitulée « Femmes Haïtiennes en Action : Cap sur les STIM ».

Cette initiative mettra en lumière des portraits de femmes scientifiques haïtiennes et internationales afin d’inspirer les jeunes filles et de leur faire découvrir la diversité des carrières techniques. Selon les responsables du projet, le manque de modèles féminins visibles constitue un frein majeur à l’orientation des filles vers les sciences.

La série présentera notamment des ingénieures, chercheuses, techniciennes et mathématiciennes dont les parcours illustrent la capacité des femmes à évoluer dans des environnements scientifiques exigeants, malgré les défis socio-économiques et l’insécurité.

« Nous voulons que chaque jeune fille puisse se dire qu’elle peut concevoir, calculer et bâtir », insiste la coordonnatrice.

Un enjeu stratégique pour le développement

Au-delà de la sensibilisation, la SOFEHJ estime que la démocratisation de l’excellence scientifique constitue un élément clé de la lutte pour l’égalité et du développement national.

Selon l’organisation, la participation accrue des femmes dans la recherche favorise l’innovation et apporte des perspectives nouvelles sur des enjeux parfois sous-étudiés, comme la santé reproductive ou les impacts différenciés du changement climatique. À l’ère de l’intelligence artificielle, la présence féminine est également jugée essentielle pour prévenir l’intégration de biais sexistes dans les technologies émergentes.

À travers cette initiative, la SOFEHJ entend valoriser la compétence féminine et encourager la jeunesse haïtienne à s’engager dans les filières scientifiques.

« La relève est là, elle est brillante, et il est de notre devoir de la propulser », conclut Martine Isaac.

Came Stefada Poulard
Vant Bèf Info (VBI)


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