Dossier TPS : l’administration Trump fait appel de la décision de la juge Anna C. Reyes

L’administration du président américain Donald Trump a interjeté appel de la décision fédérale suspendant la fin du Statut de protection temporaire (TPS) accordé aux ressortissants haïtiens. Dans un document déposé au cours du week-end écoulé, les avocats du ministère américain de la Justice ont informé le tribunal fédéral du district de Columbia de leur intention de contester l’ordonnance rendue le 2 février par la juge Anna C. Reyes.

Washington, 10 février 2026.—
La juge fédérale avait suspendu, lundi dernier, la décision du Département de la Sécurité intérieure (DHS) visant à mettre fin à la désignation du TPS pour les Haïtiens, une mesure qui devait entrer en vigueur le 3 février 2026. Cette ordonnance judiciaire a immédiatement suscité de vives critiques au sein de l’administration Trump, qui a rapidement engagé une procédure d’appel.

Dans leur requête, les avocats du ministère de la Justice ont demandé à la juge Reyes de lever le sursis imposé à la décision du DHS. Ils sollicitent également une décision accélérée, idéalement d’ici lundi prochain, tout en poursuivant la procédure devant la Cour d’appel du circuit du district de Columbia.

Selon le Miami Herald, l’administration américaine a exprimé son profond désaccord avec la décision de la juge Reyes et a indiqué examiner, en coordination avec le ministère de la Justice, les options juridiques disponibles. Elle n’exclut pas de saisir la Cour suprême des États-Unis. D’ailleurs, cette dernière a déjà suspendu l’ordonnance de la juge Reyes dans l’attente de la décision de la cour d’appel, une procédure exceptionnelle utilisée à deux reprises l’année dernière.

En mai dernier, la Cour suprême avait notamment levé le sursis imposé par un juge fédéral qui bloquait la suppression du TPS et des permis de travail accordés à des centaines de milliers de ressortissants vénézuéliens, permettant ainsi au DHS de révoquer ces protections malgré les recours judiciaires en cours.

À ce stade, la décision de la juge Anna C. Reyes continue de protéger plus de 300 000 Haïtiens, dont au moins 158 000 résident en Floride, contre une expulsion vers un pays confronté à une grave instabilité sécuritaire, politique et humanitaire.

Parallèlement, les autorités américaines ont déployé plusieurs moyens militaires, dont trois navires et un avion, dans la baie de Port-au-Prince, officiellement pour prévenir toute détérioration de la situation sécuritaire. Une posture jugée contradictoire par de nombreux observateurs, alors que les critères justifiant le maintien du TPS pour les Haïtiens demeurent largement réunis.

Wilda Dénestant
Vant Bèf Info (VBI)


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