7 février en Haïti : que retiennent vraiment les jeunes ?
Longtemps symbole de passation démocratique du pouvoir, le 7 février est devenu, au fil des années, une date chargée d’angoisse et d’incertitudes en Haïti. Jadis associé à l’espoir d’un renouveau politique, il évoque désormais, pour une large partie de la population, la peur d’éventuelles violences, les paralysies économiques et l’instabilité chronique.
Mais qu’en est-il de la jeunesse, notamment des moins de 30 ans, qui n’ont connu cette date qu’à travers les crises successives ? Quelle mémoire collective construisent-ils autour du 7 février : celle d’un idéal démocratique, d’un rendez-vous manqué avec l’histoire ou d’un rituel politique vidé de son sens ?

Une date fondatrice devenue symbole fragile
Institué par la Constitution haïtienne de 1987, le 7 février devait marquer l’investiture du président élu et l’ouverture d’un nouveau cycle démocratique, dans la foulée de la chute de la dictature des Duvalier le 7 février 1986. La date portait alors une charge symbolique forte : celle du retour à la souveraineté populaire et à l’État de droit.
Jean-Bertrand Aristide, René Préval, puis plus tard Jovenel Moïse ont été investis un 7 février, inscrivant cette journée dans le calendrier politique comme un repère institutionnel majeur. Pourtant, cette symbolique s’est progressivement érodée.
Quand la peur remplace l’espérance
Le second mandat de Jean-Bertrand Aristide marque un tournant. Contestations électorales, mobilisations violentes et instabilité politique culminent avec sa chute en février 2004. Dès lors, la passation du pouvoir cesse d’être un moment de continuité démocratique pour devenir un facteur de crise.
À partir de 2006, les controverses électorales se multiplient. Les irrégularités relevées par la Commission indépendante d’évaluation et de vérification électorale, les élections contestées de 2010, puis les retards répétés dans l’installation des présidents renforcent la défiance citoyenne. L’accession tardive de Jovenel Moïse au pouvoir, suivie des débats sur la fin réelle de son mandat, achève d’ancrer le 7 février dans l’imaginaire collectif comme une date de discorde plutôt que de stabilité.
Entre 2016 et 2019, l’insécurité s’aggrave, les groupes armés gagnent du terrain et l’État s’affaiblit. Le 7 février devient alors un moment de repli : écoles fermées, transports interrompus, activités économiques ralenties, population sur le qui-vive.
Ce que les jeunes en disent
Chez les jeunes, la perception du 7 février varie selon l’expérience et le degré d’engagement. Pour certains, cette date n’est plus qu’un jour comme les autres, si ce n’est qu’elle impose la prudence. « On se met à couvert et on prie pour que rien de grave n’arrive », confie un jeune interrogé, résumant un sentiment largement partagé.
D’autres y voient encore une occasion de rappeler l’exigence d’ordre constitutionnel et de participation citoyenne, estimant que la pression populaire reste nécessaire pour infléchir le cours politique du pays.
Pour Thélyson Orélien, économiste et politologue, membre du réseau Mondoblog de RFI, le regard de la jeunesse est désormais plus lucide que nostalgique. Il estime que les récits héroïques associés à la démocratie haïtienne ont longtemps masqué une réalité brutale. « Hier, c’étaient les escadrons de la mort, aujourd’hui, ce sont les coalitions armées. Le 7 février ne suffit plus à porter l’histoire », analyse-t-il, évoquant une jeunesse désireuse de rompre avec les promesses creuses pour reconstruire le pays sur de nouvelles bases.
Une date en quête de sens
En définitive, la jeunesse haïtienne continue de reconnaître le 7 février comme un repère politique, sans pour autant lui accorder une signification concrète dans sa vie quotidienne. La date demeure un symbole abstrait, rappelant que la politique avance, mais sans garantir ni stabilité ni progrès réel.
Le 7 février ne retrouvera son sens que lorsqu’il cessera d’être un simple rituel institutionnel pour redevenir un véritable pont démocratique, capable de relier les aspirations citoyennes à une gouvernance crédible. Pour les jeunes, l’enjeu n’est plus de célébrer une date, mais de voir émerger un avenir où l’histoire ne se répète plus sous le signe de la peur.
Sarah Germain
Vant Bèf Info (VBI)
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“SI LA JEUNESSE HAITIENNE VEUT VOIR LE FUTURE DE LEUR PAYS, QU’ILS SOUTIENNENT JEAN-ESDRACE CHARLES POUR LA GOUVERNANCE HAITIENNE A TOUS LES NIVEAUX SUT TOUTE L’ETENDUE DU TERRITOIRE NATIONALE.”
IL FAUT PRENDRE RISQUES POUR JEAN-ESDRACE CHARLES COMME LUI, IL PREND DES RISQUES POUR LA GESTION D’HAITI.
IL FAUT ETRE SERIEUX ET TRES SEVERE AVEC SOI MEME QUAND VOUS AVEZ AFFAIRES AVEC JEAN-ESDRACE CHARLES POUR LA GOUVERNANCE NATIONALE. MONTONS LA RESITANCE NATIONALE CONTRE TOUTE INGERENCE ETRANGERE AUX NOMS DE NOS PERES, DE NOS ANCETRES ET DE NOTRE PATRIMOINE.
” APRANN BAY ZAFE NOU, ZAFE PEP NOU, ZAFE PEYI NOU ENPOTANS MENM JAN BLAN YO FEL POU TETA YO”. MWEN WE SE MWEN KAP ACHTE FIGI NOU! PA GEN RESIPWOSITE MALEREZMAN! APRANN FE PEP NOU KREDI MESYE!
A BONS LECTEURS, SALUT!
JEAN-ESDRACE CHARLES POUR LA GOUVERNANCE HAITIENNE EN 2031 PAR VOIES ELECTORALES!