Liberté de la presse : le RENAMEL conteste un décret du CPT et appelle à une mobilisation nationale

Le Réseau national des médias en ligne (RENAMEL) a vivement critiqué le décret adopté le 31 décembre 2025 par le Conseil présidentiel de transition (CPT), portant sur « l’encadrement de l’exercice de la liberté d’expression et la prévention et la répression des délits de diffamation et de presse ». Dans un communiqué publié le mardi 4 février, l’organisation appelle à une mobilisation nationale pour faire obstacle à ce texte.

Port-au-Prince, 5 février 2026.- Selon le RENAMEL, le décret porte atteinte à la liberté d’expression, un droit garanti par la Constitution haïtienne. Le réseau estime que cette disposition remet en cause des acquis démocratiques obtenus au terme de longues luttes menées par les professionnels des médias et la société civile.

L’organisation affirme par ailleurs douter de la participation effective de journalistes ou de représentants crédibles du secteur de la presse à l’élaboration du texte. Elle soutient que le décret ne tient pas compte des réalités du paysage médiatique haïtien et évoque la crainte qu’il serve à protéger les membres du CPT et les autorités actuelles contre d’éventuelles actions judiciaires après la fin annoncée de la transition, le 7 février 2026.

Sur le plan professionnel, le RENAMEL critique la définition du journaliste retenue dans le décret, jugée restrictive, car fondée principalement sur l’appartenance à un média. Le réseau estime qu’une telle approche ne reflète pas la complexité du métier et pourrait exclure certains acteurs de la pratique journalistique.

Le communiqué soulève également des objections d’ordre juridique. Le RENAMEL rappelle le principe de la hiérarchie des normes, selon lequel un décret ne peut abroger une loi. Or, dans ses dispositions finales, le texte prévoit l’annulation de toutes les lois et dispositions contraires, une formulation que l’organisation considère juridiquement contestable.

Face à cette situation, le Comité exécutif du RENAMEL appelle les journalistes, les organisations de médias et les acteurs de la société civile à engager des débats publics autour du décret et à rester mobilisés pour la défense de la liberté de la presse.

Le communiqué est signé par Michel Antoine, président du RENAMEL, Jean Junior Latis, vice-président, et Shelovenic Jean, secrétaire générale.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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