Près de quatre cancers sur dix dans le monde liés à des causes évitables, selon l’OMS
Près de 38 % des cancers diagnostiqués dans le monde en 2022 sont liés à des facteurs évitables, principalement le tabac, les infections et l’alcool, selon une étude mondiale de l’Organisation mondiale de la santé publiée mardi.

Credit : Le Pharmacien. Fr
Près de quatre cas de cancer sur dix dans le monde sont attribuables à des causes évitables, allant de la consommation de tabac et d’alcool au surpoids, à l’inactivité physique, à la pollution, à l’exposition aux rayons ultraviolets ou à certaines infections, selon une étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) publiée mardi.
Menée par l’OMS en collaboration avec le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), l’étude paraît à la veille de la Journée mondiale contre le cancer. Elle s’appuie sur des données issues de 185 pays couvrant 36 types de cancers.
Les chercheurs estiment que 7,07 millions de cas diagnostiqués en 2022, soit 37,8 % des 18,7 millions de nouveaux cas recensés cette année-là, auraient pu être évités.
Le tabagisme constitue le principal facteur de risque évitable, responsable de 15 % des cas, soit environ 3,3 millions de diagnostics. Les infections suivent avec 10 % des cas (2,2 millions), devant la consommation d’alcool, impliquée dans 3 % des cas (700 000), selon l’étude publiée dans la revue Nature Medicine.
La moitié des cancers évitables concerne trois localisations : le poumon, l’estomac et le col de l’utérus. Le cancer du poumon est principalement lié au tabac et à la pollution de l’air, tandis que ceux de l’estomac et du col de l’utérus sont associés à des infections, respectivement la bactérie Helicobacter pylori et le papillomavirus humain (VPH).
Il s’agit de la première analyse mondiale évaluant de manière globale la part du risque de cancer attribuable à des causes évitables, souligne André Ilbawi, chef de l’équipe de lutte contre le cancer à l’OMS. L’étude permet, selon lui, de fournir aux gouvernements et aux populations des données comparables pour orienter les politiques de prévention.
Fortes disparités selon le sexe et les régions
La proportion de cancers évitables varie nettement entre les sexes. Elle s’établit à 30 % chez les femmes, contre 45 % chez les hommes, un écart largement attribué à une consommation plus élevée de tabac et d’alcool chez ces derniers.
Chez les hommes, le tabac est lié à 23 % des cas, devant les infections (9 %) et l’alcool (4 %). Chez les femmes, les infections constituent la première cause évitable (11 %), suivies du tabac (6 %) et du surpoids (3 %).
L’étude met également en évidence de fortes disparités régionales. L’Asie de l’Est affiche la proportion la plus élevée de cancers évitables, avec 44,6 % des cas, tandis que l’Amérique latine présente le taux le plus faible, à 28,6 %.
En Europe du Sud, environ 331 000 cas de cancer, soit 35,9 %, pourraient être évités, un niveau proche de celui observé en Amérique du Nord, où cette proportion atteint 35,6 %, correspondant à environ 735 000 cas.
En combinant les différences géographiques et celles liées au sexe, l’étude montre que plus de la moitié des cancers diagnostiqués chez les hommes en Asie de l’Est pourraient être évités, contre environ 40 % des cancers détectés chez les femmes en Afrique subsaharienne.
Adapter les stratégies de prévention
Ces résultats soulignent la nécessité de stratégies de prévention adaptées aux contextes régionaux, indiquent l’OMS et le CIRC. Celles-ci vont du renforcement de la lutte contre le tabac et l’alcool à la vaccination contre certaines infections, comme le papillomavirus humain ou l’hépatite B, qui augmente le risque de cancer du foie.
Les auteurs recommandent également d’améliorer les conditions favorisant l’activité physique et une alimentation équilibrée, ce qui suppose des actions coordonnées impliquant les secteurs de la santé, de l’éducation, des transports, de l’énergie et de l’emploi.
De telles stratégies pourraient non seulement réduire la mortalité liée au cancer, mais aussi alléger la charge sociale et économique pesant sur des millions de familles, soulignent les deux organisations.
Pour les cancers davantage liés à l’âge ou à des facteurs génétiques, comme le cancer de la prostate, le plus fréquemment diagnostiqué en Europe, Isabelle Soerjomataram, coautrice de l’étude et responsable adjointe de l’unité de surveillance du cancer au CIRC, plaide pour le renforcement des dispositifs de dépistage et de diagnostic précoce.
Vant Bèf Info
Avec Nature Medicine
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