Remplacement du Premier ministre : Smith Augustin réclame la concertation au sein du CPT
La signature d’une résolution par une majorité de membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), visant le remplacement du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, continue de susciter de vives tensions au sommet de l’État. Le conseiller-président Smith Augustin s’est démarqué de cette initiative en appelant à la concertation et à la prudence.

Port-au-Prince, 24 janvier 2026. Dans une lettre adressée, vendredi au président du CPT, Laurent Saint-Cyr, Smith Augustin revient sur la résolution adoptée le 21 janvier par plusieurs de ses pairs. Ce texte, soutenu par une majorité des conseillers-présidents, préconise un changement à la tête du gouvernement, présenté comme une réponse à des pressions émanant de divers secteurs de la société en faveur d’un nouvel accord politique national.
Si cette démarche est qualifiée par ses signataires d’acte relevant de la responsabilité collective, elle est loin de faire l’unanimité. Smith Augustin souligne que des désaccords profonds persistent au sein du CPT, y compris au sein de sa propre formation politique. Selon lui, de nombreux acteurs estiment qu’un consensus politique global devrait précéder toute décision de remaniement gouvernemental.
Le conseiller-président met en garde contre les effets potentiellement déstabilisateurs de la résolution. Il craint qu’une mise en œuvre précipitée n’aggrave les fractures internes du Conseil et n’affaiblisse davantage les institutions de l’État à un moment jugé critique de la transition, avec des implications possibles sur la souveraineté nationale.
Face à ces divergences, Smith Augustin plaide pour la tenue urgente d’une réunion de concertation entre les membres du CPT. Cette rencontre viserait à dégager une position commune sur la suite à donner à la résolution adoptée, tout en jetant les bases d’un accord politique plus large susceptible de rétablir un climat de confiance.
Dans sa correspondance, il insiste également sur la nécessité de préserver la stabilité politique, la continuité institutionnelle et la pacification du pays. Il rappelle que ces conditions sont indispensables à l’organisation d’élections crédibles, libres et transparentes, dans le respect du calendrier électoral établi.
Réaffirmant sa volonté de collaborer avec l’ensemble des membres du Conseil présidentiel de transition, Smith Augustin conclut en appelant à une gestion responsable et consensuelle de la crise, qu’il juge essentielle pour relever les défis actuels de la transition.
Parallèlement, plusieurs partenaires internationaux, dont les États-Unis, le Canada et l’Union européenne, ont exprimé leur opposition à tout changement de Premier ministre. Des sources diplomatiques indiquent que ces acteurs envisageraient des mesures à l’encontre des promoteurs de la résolution visant à évincer Alix Didier Fils-Aimé.
Ronald André
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