Haïti : quand les politiques oublient la Constitution pour inventer la crise
Haïti semble enfermée dans un cercle vicieux où les acteurs politiques multiplient les propositions improvisées, en oubliant les garanties fondamentales inscrites dans la Constitution. Entre la Constitution de 1987 et sa version amendée, le pays possède pourtant un cadre légal clair, mais celui-ci est régulièrement ignoré au profit d’accords politiques de circonstance.

Port-au- prince, le 20 janvier 2026. Depuis des années, les gouvernants successifs semblent privilégier l’urgence politique et la survie personnelle à la stabilité institutionnelle.
Les accords politiques, souvent négociés dans l’ombre, servent de prétexte à des décisions contraires à la Constitution, donnant naissance à des prolongations illégales de mandats, à des nominations controversées et à des gouvernances de fait.
Résultat : une république à double Constitution, mais sans véritable respect des textes fondateurs.
Les citoyens observent, impuissants, des cycles de crises politiques artificielles, alimentés par des propositions et solutions qui ignorent le cadre légal existant.
Chaque tentative de contournement des règles constitutionnelles fragilise davantage l’État, accentue l’insécurité et nourrit la défiance envers les institutions.
Les critiques dénoncent également le rôle de certains acteurs politiques qui semblent inventer la crise comme outil de prise ou de conservation de pouvoir, oubliant que la Constitution est le socle de toute légitimité.
Au lieu de renforcer l’État, leurs initiatives improvisées créent des situations de blocage, ouvrent la porte à l’arbitraire et mettent en danger la stabilité nationale.
Aujourd’hui, Haïti se retrouve face à un paradoxe inquiétant : des institutions établies sur la base de la Constitution, mais gouvernées par des pratiques qui en font abstraction.
Cette contradiction entre le droit et la politique démontre que sans respect scrupuleux des textes fondamentaux, toute réforme ou proposition risque de prolonger l’instabilité plutôt que de la résoudre.
Pour les observateurs, la solution n’est pas de multiplier de nouveaux accords ou de chercher des compromis temporaires, mais de recentrer la gouvernance sur la Constitution, de renforcer les institutions et d’exiger des responsables politiques qu’ils cessent de jouer avec l’avenir du pays au nom de calculs partisans.
Haïti, aujourd’hui, n’a pas besoin de nouvelles crises déguisées en solutions, mais d’une volonté réelle de respecter la Constitution et de reconstruire un État où la loi prime sur l’improvisation politique.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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