Haïti à l’approche du 7 février : le RANFOR appelle à un dialogue politique face aux incertitudes institutionnelles

À l’approche de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026, des interrogations persistent sur la situation politique dans laquelle se trouvera Haïti après cette date. Dans un contexte marqué par une crise institutionnelle prolongée, une insécurité persistante et des difficultés humanitaires, le Rassemblement des Forces Organisées (RANFOR) appelle à l’ouverture d’un dialogue politique inclusif afin d’éviter une nouvelle période d’instabilité.

Port-au-Prince, 14 janvier 2026. Dans une prise de position rendue publique le 11 janvier 2026, le RANFOR souligne que le 7 février marquera la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), sans qu’une alternative institutionnelle clairement définie et consensuelle n’ait été annoncée.

L’organisation estime que cette situation s’inscrit dans une continuité de fragilisation institutionnelle, amorcée après l’assassinat du président Jovenel Moïse et prolongée par des mécanismes de transition contestés.

Des incertitudes politiques persistantes

Selon le RANFOR, l’absence de perspectives claires concernant la gouvernance après le 7 février pourrait conduire à un vide institutionnel. Le regroupement évoque notamment une paralysie des institutions de l’État et l’absence de calendrier électoral crédible, des facteurs susceptibles, selon lui, d’accentuer les difficultés de gouvernance et de gestion publique.

Une situation sécuritaire et sociale préoccupante

Sur le plan sécuritaire, le RANFOR fait état de la présence continue de groupes armés contrôlant plusieurs zones du pays, ainsi que de la persistance des enlèvements, des violences ciblées et des déplacements forcés de populations. L’organisation souligne également les limites opérationnelles des forces de sécurité dans ce contexte.

Au niveau économique et social, le regroupement mentionne l’arrêt ou le fonctionnement réduit de plusieurs services publics, la baisse du pouvoir d’achat et l’aggravation de la précarité. La situation humanitaire demeure préoccupante, notamment pour les personnes déplacées vivant dans des sites d’hébergement temporaire, confrontées à un accès limité à l’assistance et aux services de base.

Un appel à un dialogue politique inclusif

Face à ces constats, le RANFOR appelle à l’organisation, avant le 7 février, d’un dialogue politique réunissant les forces politiques, les organisations de la société civile, les syndicats, les acteurs économiques et les partenaires internationaux, dans le respect de la souveraineté nationale.

Selon l’organisation, ce dialogue devrait permettre de s’accorder notamment sur la mise en place d’un exécutif de transition composé d’un président et d’un Premier ministre, le rétablissement de l’autorité de l’État, le renforcement de la sécurité, le désarmement des groupes armés, l’organisation d’élections en 2026 ainsi que l’adoption d’un cadre de transition limité dans le temps.

Le RANFOR indique par ailleurs qu’il s’oppose à toute prolongation du mandat du CPT ou à l’instauration d’un pouvoir non consensuel. À défaut d’un accord politique rapide, avertit le regroupement, le pays pourrait faire face à une période d’incertitude institutionnelle à partir du 8 février 2026.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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