Groenland : nouvelle guerre froide dans l’Arctique
Le Groenland a sèchement rejeté les velléités de Donald Trump d’annexer le territoire arctique, ravivant une rivalité stratégique entre Washington, Moscou et Pékin dans la région.

CP: AP
Le Groenland a catégoriquement refusé de devenir un territoire américain après que Donald Trump a menacé d’user de la force pour annexer cette région autonome du Danemark, riche en ressources minières.
Le président américain affirme depuis plusieurs semaines que le contrôle de l’île est « crucial » pour la sécurité des États-Unis, invoquant la montée en puissance militaire de la Russie et de la Chine dans l’Arctique.
Vendredi, lors d’une réunion avec des dirigeants de l’industrie pétrolière impliqués au Venezuela, Trump a averti qu’il atteindrait ses objectifs au Groenland « par tous les moyens ».
Les responsables des cinq partis représentés au Parlement groenlandais ont répliqué d’une seule voix : « Nous ne voulons pas être Américains, nous ne voulons pas être Danois, nous voulons être Groenlandais. »
Le texte rassemble les quatre formations qui composent le gouvernement et l’opposition, cette dernière prônant une indépendance accélérée vis-à-vis de Copenhague.
« L’avenir du Groenland doit être décidé par les Groenlandais », ont-ils conclu.
Le Danemark et plusieurs alliés européens ont fait part de leur inquiétude face aux déclarations de Trump visant à s’emparer de l’île, où Washington dispose d’une base militaire depuis la Seconde Guerre mondiale.
Une rivalité géopolitique dans l’Arctique
La Maison Blanche a confirmé que le président étudiait « activement » l’achat du Groenland, sans exclure l’option militaire. Trump a réaffirmé qu’il ne laisserait « ni la Russie ni la Chine occuper le Groenland ».
Ces deux puissances ont accru leurs activités militaires dans l’Arctique, bien qu’aucune ne revendique le territoire. Nuuk et Copenhague rejettent, elles, les arguments américains.
« Nous ne partageons pas l’idée que le Groenland serait envahi par les investissements chinois », a assuré le ministre danois des Affaires étrangères Lars Løkke Rasmussen.
Un accord de défense signé en 1951 offre déjà un large accès aux forces américaines sur le territoire groenlandais, sous réserve d’en informer les autorités locales.
Dans une interview au New York Times, Trump a admis qu’il pourrait devoir choisir entre préserver l’intégrité de l’OTAN et contrôler le Groenland.
La Première ministre danoise Mette Frederiksen a averti qu’une prise de contrôle américaine mettrait un terme à « tout », notamment à l’Alliance atlantique et à l’architecture de sécurité d’après-guerre.
La semaine prochaine, le secrétaire d’État Marco Rubio rencontrera le chef de la diplomatie danoise et des représentants groenlandais pour évoquer la situation.
Selon un sondage publié en janvier 2025 dans la presse locale, 85 % des Groenlandais se disaient opposés à une intégration aux États-Unis, contre seulement 6 % favorables.
Yves Manuel
Vant Bèf Info
Avec NYT
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