Après le Venezuela, le régime iranien sous pression face à une nouvelle vague de contestation
Les autorités iraniennes ont procédé, dans la nuit du jeudi 8 au vendredi 9 janvier, à une coupure massive d’Internet à travers le pays, alors qu’une nouvelle vague de manifestations contre le régime islamique prenait de l’ampleur dans plusieurs grandes villes.

Port-au-Prince, 9 janvier 2026 —Cette mesure intervient après des rassemblements importants, notamment à Téhéran, où des milliers de personnes sont descendues dans les rues pendant plusieurs heures, malgré un important dispositif de sécurité. Selon des témoignages recueillis avant l’interruption du réseau, des manifestants ont occupé plusieurs quartiers de la capitale, tandis que des slogans hostiles au guide suprême, Ali Khamenei, étaient scandés. Des appels au retour de Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran vivant en exil, ont également été entendus.
Des mobilisations ont aussi été signalées dans d’autres villes du pays. De courtes vidéos diffusées avant la coupure d’Internet montraient des scènes de forte tension, notamment des bâtiments administratifs endommagés et des véhicules de police ciblés, illustrant une radicalisation progressive du mouvement de contestation.
Une mobilisation élargie au-delà des cercles militants
Cette vague de protestation fait suite à un appel lancé depuis l’étranger par Reza Pahlavi, soutenu par plusieurs groupes politiques, dont des formations kurdes, ainsi que par des réseaux universitaires. Pour plusieurs observateurs, la mobilisation actuelle dépasse les cercles militants traditionnels et touche une partie plus large de la population urbaine, confrontée à la crise économique, à la répression politique et au manque de perspectives sociales.
La coupure d’Internet, régulièrement utilisée par les autorités iraniennes lors de périodes de troubles, vise à freiner la circulation de l’information et à limiter la coordination entre manifestants. Elle complique également le travail des organisations de défense des droits humains, qui peinent à documenter les arrestations et les violences éventuelles.
Un régime sous surveillance internationale
Depuis la révolution islamique de 1979, l’Iran est gouverné par un système théocratique dominé par l’autorité du guide suprême, appuyé par les Gardiens de la révolution. Le régime est régulièrement critiqué par des organisations internationales pour la restriction des libertés publiques et la répression des mouvements d’opposition.
Ces événements surviennent dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les déclarations répétées du président américain, avertissant que toute répression jugée excessive contre les manifestants pourrait entraîner des réponses plus fermes de Washington. Des frappes américaines avaient déjà visé des intérêts iraniens quelques mois plus tôt.
Par ailleurs, l’arrestation récente du président vénézuélien Nicolás Maduro par les forces américaines à Caracas est perçue par certains analystes comme un signal de la volonté de l’administration américaine de passer de la menace à l’action contre des régimes considérés comme hostiles.
Si aucune intervention directe n’est annoncée à ce stade concernant l’Iran, la situation reste suivie de près par la communauté internationale, alors que les autorités iraniennes tentent de contenir une contestation intérieure de plus en plus visible.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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