Port-au-Prince : des déplacés contraints à la défécation en sachets, une crise sanitaire alarmante

À l’approche des fêtes de fin d’année, la situation des personnes déplacées internes installées au camp de l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), au cœur de la capitale haïtienne, provoque une vive indignation. Depuis plusieurs semaines, des centaines de familles vivent sans accès à des toilettes fonctionnelles, exposées à une urgence sanitaire majeure.

Port-au-Prince, 27 décembre 2025 —Selon les résidents, cette détérioration des conditions de vie est consécutive au retrait de l’organisation qui finançait et assurait l’entretien des installations sanitaires du site. Depuis, le camp est plongé dans une insalubrité préoccupante, affectant particulièrement les femmes, les enfants et les personnes âgées.

« Nous ne pouvons pas continuer à faire nos besoins dans des sachets noirs au XXIᵉ siècle », déplore une résidente, dénonçant une situation qu’elle qualifie d’inhumaine et indigne. Faute d’alternatives, des déchets humains s’accumulent à l’intérieur du camp, transformant l’espace en un environnement à haut risque pour la santé publique.

« Les excréments sont visibles un peu partout. À chaque coin du centre, on remarque des sachets noirs remplis de matières fécales », témoigne un citoyen, pointant du doigt l’inaction prolongée des autorités.

Pour de nombreux déplacés, cette précarité extrême s’ajoute à des traumatismes déjà lourds. Arielle, mère de quatre enfants, raconte avoir tout perdu après l’assassinat du père de ses enfants lors des attaques de groupes armés à Delmas 30. « Aujourd’hui, nous sommes livrés à nous-mêmes, sans aucune perspective », confie-t-elle.

Face à cette situation critique, les habitants du camp lancent un appel pressant au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, aux membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et à la mairie de Port-au-Prince. Ils réclament des mesures urgentes, notamment le rétablissement d’infrastructures sanitaires, un appui à la reconstruction des habitations détruites et des garanties effectives de sécurité pour un éventuel retour dans leurs quartiers d’origine.

Certains résidents dénoncent également le silence d’organisations de défense des droits humains. Ils regrettent notamment l’absence de prise de position publique du Réseau National de Défense des Droits de l’Homme (RNDDH) sur la situation spécifique du camp OPC, estimant que les droits fondamentaux des déplacés y sont gravement bafoués.

À l’heure où le pays s’apprête à célébrer la fin de l’année, ces familles rappellent que leur dignité humaine demeure une urgence nationale.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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