Haïti : les signataires de l’Accord de Montana présentent une feuille de route pour la transition post-7 février 2026

À moins de deux mois de l’expiration du mandat du Conseil Présidentiel de Transition, les signataires de l’Accord de Montana ont dévoilé, dimanche 21 décembre, un document proposant une refonte de la transition politique en Haïti.

Port-au-Prince, 22 décembre 2025. Le texte s’ouvre sur un bilan critique des vingt mois écoulés, dressant un constat sévère sur la gouvernance actuelle. Selon les auteurs, les autorités en place n’ont pas réussi à améliorer les conditions de vie des citoyens et à contenir l’insécurité, qui continue de progresser. Plusieurs quartiers et villes seraient désormais sous l’influence de gangs armés depuis l’arrivée de l’actuel Premier ministre, souligne le document.

Les signataires dénoncent également la concentration du pouvoir exécutif dans ce qu’ils qualifient d’« exécutif monocéphale », contraire à la Constitution de 1987. L’absence de dispositifs effectifs de contrôle et l’influence jugée excessive de la communauté internationale dans les décisions nationales sont également pointées du doigt.

Face à ce constat, le texte propose une transition repensée autour de onze articles. Il recommande la démission collective du Conseil Présidentiel de Transition et celle du Premier ministre en exercice.

Au cœur de cette proposition figure la création d’une « Conférence des Parties Prenantes », réunissant les organisations ayant participé à l’Accord du 3 avril 2024. Cette instance aurait pour rôle de superviser la désignation des autorités de transition et de veiller à leur action.

Le document prévoit la mise en place d’un Conseil Présidentiel collégial de trois membres pour exercer la fonction exécutive. Le Premier ministre serait nommé par la Présidence, en concertation avec la Conférence. Un Organe de Contrôle de la Transition, composé de neuf membres issus de cette même Conférence, serait chargé de surveiller l’exécutif, de proposer des mesures correctives et d’accompagner les réformes judiciaires et diplomatiques.

Enfin, la nomination des ministres et des commissaires du gouvernement serait encadrée de manière concertée, tandis que toute destitution ou remaniement ministériel serait strictement limité aux cas de faute grave, afin de préserver la stabilité du gouvernement.

Ronald André


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