Haïti – Transition : Le Coordonnateur du CPT appelle à l’unité et met en garde contre une crise institutionnelle

Face aux tensions internes au sein du Conseil Présidentiel de Transition, le Coordonnateur lance un appel pressant à l’unité. Il avertit que toute tentative de renverser le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé menace la stabilité du pays à l’approche du 7 février 2026.

Port au Prince, le 26 novembre 2025.-
À la Villa d’Accueil, l’inquiétude monte. Depuis plusieurs jours, des conseillers cherchent à provoquer un changement à la tête du gouvernement en révoquant le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Cette initiative divise le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), secoue l’opinion publique et alerte les partenaires internationaux.

Le Coordonnateur du CPT sort donc de sa réserve. Il appelle à la sagesse, à la responsabilité et à un sursaut patriotique pour éviter une nouvelle crise majeure dans un pays déjà fragilisé.

Une mise en garde contre un “bouleversement dangereux”

Selon le Coordonnateur, remplacer le Premier ministre à moins de trois mois de l’échéance symbolique du 7 février 2026 mettrait en péril les progrès réalisés. Il prévient que cette manœuvre politique peut :

casser l’élan dans la lutte contre l’insécurité,

perturber la préparation des élections,

fragiliser davantage une institution déjà éprouvée,

ouvrir une nouvelle crise politique dans un pays qui n’en peut plus.

Il reconnaît qu’un gouvernement peut toujours s’ajuster pour gagner en efficacité, mais insiste sur une ligne claire : “Je ne m’associe pas à un bouleversement qui compromet la stabilité minimale nécessaire à l’achèvement de la transition.”

Depuis son entrée en fonction, explique-t-il, ses efforts visent à :

maintenir une collégialité réelle au sein du Conseil,

renforcer la collaboration entre la Présidence et la Primature,

créer un climat de respect et d’harmonie,

avançer sur les chantiers prioritaires : sécurité, dialogue politique, financement du processus électoral, préparation du décret électoral et du calendrier.

Ces avancées témoignent, selon lui, d’une transition qui cherche à remettre Haïti sur le chemin de la dignité démocratique.

Un refus clair des décisions qui menacent la transition

Le Coordonnateur affirme ne pas pouvoir cautionner des décisions qu’il juge contraires à ses principes et à l’intérêt national. Il rappelle son engagement en faveur de :

la stabilité ;la rigueur dans l’action publique ;la lutte contre l’insécurité ;
l’indépendance du Conseil Électoral Provisoire (CEP).

Il souligne aussi les “petites victoires sécuritaires” enregistrées, grâce à la collaboration entre la Primature et la Présidence, en lien avec la mise en œuvre de la Force de Répression des Gangs (FRG).

Dans ce contexte, il appelle le Conseil à garder le cap et à éviter toute “confrontation stérile”

Pour lui, Haïti ne peut plus transformer chaque étape de la transition en affrontement politique. Le pays ne peut plus s’enliser dans des transitions interminables.
Il insiste sur trois urgences nationales :

garantir la stabilité institutionnelle ;

préparer les élections ;

restaurer l’ordre démocratique.

Et ajoute : “Toute démarche qui nous éloigne de ces priorités fragilise notre avenir collectif.”

Un appel final à la responsabilité

Alors que la transition entre dans une phase décisive, il exhorte ses collègues à la sérénité, au dialogue et à l’unité. Le peuple haitien attend des résultats concrets, rappelle-t-il, pas des luttes de pouvoir.

Son message se conclut comme un serment : servir la Nation avec honneur, loyauté, intégrité et respect, dans un moment où chaque décision peut faire basculer le pays vers la stabilité… ou vers une nouvelle crise.

Vant Bèf Info ( VBI)


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