Référendum constitutionnel annulé : le PNUD exige des justifications sur près d’un million de dollars
Le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) demande au Conseil présidentiel de transition (CPT) un rapport complet sur l’utilisation des fonds alloués au référendum constitutionnel abandonné.

Le PNUD a sommé, dans une correspondance datée du 20 novembre, la secrétaire générale du Conseil présidentiel de transition (CPT), Marie Elizabeth Régine Joseph Haddad, de fournir un rapport détaillé sur le décaissement de 800 000 dollars américains et de 50 millions de gourdes destinés aux activités préparatoires du référendum constitutionnel via le Volontariat pour le Développement d’Haïti (VDH).
Port-au-Prince, 25 novembre 2025La lettre, signée par le représentant du PNUD en Haïti, Xavier Michon, fixe au 30 novembre 2025 la date limite de soumission du document. Cette demande traduit, selon plusieurs observateurs, la préoccupation du partenaire international face à l’absence de transparence dans la gestion du projet. À ce jour, aucune reddition de comptes n’a été transmise, selon des sources proches du pouvoir.
Le référendum constitutionnel, dont la version finale du texte avait été déposée le 28 août dernier, a été interrompu sans explications publiques. Depuis, le CPT n’a annoncé aucune suite officielle et concentre désormais sa communication sur la tenue des élections. Lors de son intervention à l’Assemblée générale de l’ONU, le président du CPT, Laurent Saint-Cyr, n’a fait aucune mention du référendum.
Plusieurs juristes et organisations de la société civile rappellent que le projet était contesté dès son lancement, la Constitution de 1987 interdisant toute révision constitutionnelle par voie référendaire. L’abandon du processus et l’opacité actuelle renforcent ces critiques.
Pour le PNUD, la question dépasse le cadre administratif. L’organisme international cherche à clarifier l’utilisation de fonds publics et internationaux mobilisés dans un projet désormais sans suite. L’absence de rapport constitue un enjeu de crédibilité pour le CPT et fragilise davantage la confiance de la population comme celle de la communauté internationale.
L’affaire met en lumière les interrogations persistantes sur la gouvernance, la gestion financière et la communication institutionnelle autour du référendum annulé.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
