Violences policières contre des journalistes : le Collectif des Professionnels de la Presse saisit la PNH et réclame justice

Le Collectif des Professionnels de la Presse (CPP) a adressé, ce 20 novembre, une correspondance au directeur général de la Police nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison, pour dénoncer ce qu’il décrit comme une augmentation « préoccupante » des actes de violence commis par des agents de police contre des journalistes. L’organisation estime que ces incidents récurrents nuisent gravement à la liberté de la presse et demeurent, dans la plupart des cas, sans suites judiciaires.

Port-au-Prince, 20 novembre 2025. Dans sa lettre, le CPP dresse un récapitulatif d’événements survenus au cours des dernières années et qu’il considère comme révélateurs de dysfonctionnements persistants dans les interactions entre certains policiers et les professionnels des médias.

Parmi ces cas figure la mort du journaliste Lazarre Maxiben, tué le 23 février 2022 lors d’une intervention policière en marge d’une manifestation d’ouvriers. Selon le CPP, aucune sanction n’avait été prise et aucune enquête n’avait abouti.

L’organisation mentionne également la blessure grave de Jean Marc Jean, touché à l’œil par une bonbonne de gaz lacrymogène tirée depuis un véhicule identifié au sein de l’UDMO Ouest, le 8 février 2024. Le collectif rappelle en outre les menaces rapportées par Love-Mackendy Paul, reporter à Radio Tropikal, qui aurait été intimidé par des agents du BLTS la même année. Les plaintes déposées dans ces deux dossiers n’auraient pas connu de suite, selon le CPP.

Plus récemment, le collectif évoque l’agression du journaliste Jerry Larson Xavier, de Vant Bèf Info, qui aurait été victime d’un agent de la BIM à Tabarre le 6 mars 2025, lequel l’aurait également privé de son matériel de travail. L’incident le plus récent concerne Wikenson Isma, reporter pour Tripotay Haïti 509, qui affirme avoir été malmené le 17 novembre 2025 par des agents d’EDUPOL à Delmas 75 alors qu’il réalisait des images, malgré son identification comme journaliste.

Face à la répétition de ces situations, le CPP demande à la direction générale de la PNH de garantir un suivi rigoureux des dossiers d’agressions signalées, d’appliquer des sanctions disciplinaires le cas échéant et de prévoir des réparations matérielles, morales ou symboliques pour les victimes.

Le collectif souligne également la nécessité d’une collaboration renforcée entre la police et la presse, rappelant que les deux institutions œuvrent pour l’intérêt public et le respect de la loi. Il appelle à la mise en place de mesures urgentes pour prévenir de nouveaux incidents et instaurer des mécanismes plus efficaces de protection des journalistes.

Le CPP conclut en réaffirmant sa disponibilité à travailler avec la PNH afin d’améliorer la sécurité des professionnels de l’information et d’assurer un traitement plus rigoureux des plaintes, dans l’objectif de restaurer un climat de confiance propice à l’exercice de la liberté de la presse.

Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)


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