Haïti – Transport aérien : Annulation du vol Port-au-Prince–Jérémie en raison de l’insécurité
L’espoir de voir rétablie une liaison aérienne régulière entre Port-au-Prince et Jérémie s’est envolé ce lundi 17 novembre. La compagnie Sunerise a été contrainte d’annuler la reprise annoncée de ses vols vers la Grand’Anse, évoquant des menaces directes émanant de gangs armés appartenant à la coalition « Viv Ansanm ».

Cette décision, prise dans un contexte d’insécurité persistante autour d’infrastructures stratégiques, plonge une fois de plus la population de la région dans l’incertitude et le désarroi.

Après une longue période de suspension due à la violence des gangs affectant l’aéroport international de Port-au-Prince, la reprise des vols devait marquer un retour progressif à la normalité pour les habitants de la Grand’Anse. Mais des renseignements faisant état de tentatives de perturbation des opérations aéroportuaires ont finalement amené la compagnie à renoncer.
« Nous ne pouvons pas risquer la vie de nos passagers et de notre personnel », confie un responsable de Sunerise sous couvert d’anonymat.
Le groupe armé « Viv Ansanm », cité parmi les raisons de l’annulation, exerce une forte influence sur plusieurs corridors de la capitale, rendant les déplacements terrestres périlleux, voire impossibles. Le transport aérien était devenu l’unique alternative pour les habitants, essentielle tant pour la mobilité que pour l’approvisionnement en biens de première nécessité.
Pour Marie-Ange, 55 ans, commerçante à Jérémie, la nouvelle est un choc supplémentaire :
« J’attendais ce vol pour faire venir des marchandises essentielles. Par la route, c’est trop dangereux : on se fait dépouiller ou enlever. C’était ma seule chance de relancer mon commerce. Maintenant, c’est le vide. Nous sommes oubliés. Jérémie est comme un pays à part, coupé du monde », déplore-t-elle.
Jean-Robert, étudiant à Port-au-Prince originaire de Jérémie, partage le même sentiment de détresse :
« J’avais réservé pour voir ma famille que je n’ai pas vue depuis six mois. À chaque annonce de reprise, on y croit, et à chaque fois, c’est la même histoire. Ça coûte cher, ça épuise mentalement. Ces gangs tiennent tout le pays en otage, même les nuages. »
Pour l’instant, Sunerise n’a fourni aucune nouvelle date de reprise. L’aéroport de Port-au-Prince reste sous haute surveillance, mais l’annulation de ce jour illustre la fragilité des efforts visant à maintenir un service public minimal face à la capacité de nuisance des groupes armés.
La population de la Grand’Anse attend, amère et inquiète, une amélioration durable de la situation sécuritaire, seule condition pour rétablir le lien vital qui relie la région au reste du pays.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info
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