Salvador : Bukele inaugure 70 écoles équipées de meubles fabriqués par d’anciens membres de gangs
Le président du Salvador, Nayib Bukele, a inauguré ce week-end 70 nouvelles écoles publiques réparties à travers le pays, un record pour une seule journée. Particularité notable : tout le mobilier scolaire, bancs, bureaux, chaises et armoires a été conçu et fabriqué par des personnes incarcérées, pour la plupart d’anciens membres de gangs.

San Salvador, 6 novembre 2025 —Cette initiative s’inscrit dans le cadre de la politique sécuritaire mise en œuvre depuis la déclaration de l’état d’urgence en 2022, qui a conduit à l’arrestation de plus de 70 000 personnes. Si cette stratégie bénéficie d’un fort soutien au sein de la population salvadorienne, elle est également critiquée par plusieurs organisations de défense des droits humains, qui dénoncent des détentions arbitraires et des atteintes aux libertés fondamentales.
Interrogé sur ces accusations, le président Bukele a déclaré :
« Ceux qui ont empêché notre peuple de vivre en paix vont désormais servir à le reconstruire. »
Cette politique mêlant répression et réhabilitation divise la société salvadorienne, mais les résultats sont visibles : la criminalité a reculé et les investissements publics dans l’éducation se sont multipliés. Beaucoup y voient un signe de renouveau social.
Haïti face à ses propres défis sécuritaires
Alors que le Salvador affiche les effets spectaculaires de sa stratégie sécuritaire, Haïti reste confrontée à une situation inverse. Les gangs armés y contrôlent de larges portions du territoire, paralysant les transports, les écoles et les activités économiques.
Selon un rapport de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de personnes ont été déplacées à cause de la violence. Des milliers d’écoles ont dû fermer, notamment dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, laissant des milliers d’enfants sans accès à l’éducation.
Malgré l’urgence, les autorités haïtiennes peinent à reprendre le contrôle du territoire. Certaines sources évoquent même des négociations avec des chefs de gangs, plutôt qu’une réponse sécuritaire coordonnée.
L’expérience salvadorienne relance le débat : pour restaurer l’ordre, faut-il adopter une approche ferme, quitte à restreindre certaines libertés ? Entre sécurité et droits humains, répression et réhabilitation, le dilemme reste entier.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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