Haïti : révision du projet « Évaluation de l’impact rapide de la crise et de son plan d’investissement »

Le gouvernement haïtien et ses partenaires internationaux, dont la Banque mondiale, la BID, l’Union européenne et les Nations Unies, ont publié une version révisée de l’Évaluation de l’impact rapide de la crise (RCIA) et du plan d’investissement national. Ce document actualisé révèle un important déficit de financement estimé à 364 millions de dollars américains pour les deux prochaines années.

Port-au-Prince, le 5 novembre 2025. – Le gouvernement d’Haïti, en partenariat avec plusieurs institutions internationales, a révisé l’Évaluation de l’impact rapide de la crise afin de l’adapter à la situation sécuritaire du pays.

Cette révision vise à garantir la pertinence des actions de relèvement face aux évolutions récentes du contexte, particulièrement marquées par la présence accrue de groupes armés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, informe un communiqué de la Banque mondiale.

Selon le rapport, le plan d’investissement actualisé estime à 644 millions de dollars américains le besoin total pour la période 2026–2027.

Cependant, le budget national et les engagements actuels des bailleurs de fonds ne couvrent qu’environ la moitié de cette somme, laissant un déficit de financement de 364 millions de dollars.

Cette insuffisance budgétaire menace directement la mise en œuvre des projets essentiels au relèvement économique et à la restauration des services publics, a souligné le document.

« Une forte coordination entre les bailleurs peut permettre d’allouer les ressources disponibles aux domaines d’investissement identifiés comme des priorités critiques », a expliqué Anne-Lucie Lefebvre, responsable des opérations de la Banque mondiale en Haïti.

Elle a souligné que, malgré les changements dans la situation sécuritaire, l’évaluation demeure un outil clé pour restaurer les services de base, reconstruire les infrastructures et relancer les moyens de subsistance dans les zones progressivement libérées des gangs.

De son côté, Ariel Pino, coordonnateur résident par intérim des Nations Unies en Haïti, a salué la résolution du Conseil de sécurité établissant la Force de suppression des gangs, qu’il qualifie d’« étape cruciale vers le rétablissement de la sécurité et de la stabilité ».

Il a précisé que la création du Bureau d’appui des Nations Unies en Haïti vise à fournir un soutien logistique et opérationnel à cette force internationale.

« Le gouvernement d’Haïti conserve la responsabilité principale de la sécurité nationale et de la réforme de la gouvernance », a-t-il ajouté, tout en affirmant que la résolution onusienne envoie un signal fort de solidarité et d’engagement collectif face aux défis humanitaires, sécuritaires et de développement.

Le rapport révisé de la RCIA se concentre sur les zones les plus touchées de la région métropolitaine de Port-au-Prince, identifiant quatre axes prioritaires : le relèvement économique et la gouvernance, les infrastructures, la protection sociale et les services essentiels, ainsi que l’état de droit et la sécurité. Chaque domaine a été analysé pour en évaluer la faisabilité, compte tenu des contraintes d’accès et de sécurité actuelles.

Pour faciliter la coordination, les partenaires de développement ont élaboré un Cadre de relèvement de crise (CRF). Ce nouvel outil vise à harmoniser la planification, le suivi et la mise en œuvre des interventions entre le gouvernement, les bailleurs et les acteurs de la sécurité.

Le CRF a pour objectif d’établir une vision commune du relèvement, de permettre une évaluation dynamique des impacts de la crise et de garantir une supervision transparente des investissements, a conclu le communiqué de la Banque mondiale.

Jean Allens Macajoux

Vant Bèf Info (VBI)


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