Haïti : après le passage de l’ouragan Mélissa, la menace du choléra plane sur les zones sinistrée

Port-au-Prince, 5 novembre 2025. — Le passage de l’ouragan Mélissa laisse derrière lui un lourd bilan humain et matériel. Selon les autorités haïtiennes, 43 personnes ont perdu la vie et 13 autres sont portées disparues. Des milliers de familles demeurent sans abri, tandis que les efforts de secours se poursuivent dans plusieurs départements durement touchés.

Mais alors que la priorité reste à la recherche des survivants et à la reconstruction, les agences humanitaires alertent sur un risque sanitaire majeur : la résurgence du choléra dans les zones inondées.

Un risque épidémique accru

D’après les rapports du Mécanisme de Réponse Rapide (RRM) des Nations Unies et un communiqué de Human Rights Watch (HRW), les inondations massives ont contaminé de nombreuses sources d’eau potable. Cette situation favorise la propagation du Vibrio cholerae, la bactérie responsable du choléra.

La surpopulation dans les abris temporaires et le faible fonctionnement du système hospitalier — seulement un tiers des grands hôpitaux de Port-au-Prince restent opérationnels — aggravent le risque. Dans l’Artibonite, des cas isolés avaient déjà été signalés en octobre, faisant craindre une recrudescence à l’échelle nationale.

Une aide internationale freinée par l’insécurité

L’Union européenne a annoncé ce mardi une aide humanitaire de 21,5 millions d’euros pour soutenir les opérations d’urgence. Toutefois, l’acheminement des secours demeure compliqué. Plusieurs routes principales sont impraticables à cause des glissements de terrain ou de l’insécurité.

L’Organisation des États américains (OEA) et l’Union européenne envisagent la mise en place de bases logistiques avancées pour faciliter la distribution des vivres et du matériel d’hygiène. Mais pour l’heure, cette stratégie de moyen terme peine à répondre à l’urgence immédiate.

Un défi de gouvernance

Pour de nombreux observateurs, la double crise — humanitaire et sanitaire — met une nouvelle fois en lumière les faiblesses de la gouvernance haïtienne.

Les experts interrogés estiment que la réussite des efforts de secours dépendra autant des financements internationaux que de la capacité de l’État à coordonner les interventions et à garantir la sécurité des convois humanitaires.

« Le véritable enjeu n’est pas le montant de l’aide, mais la rapidité avec laquelle elle parvient aux communautés affectées », souligne un représentant d’une ONG présente dans le Sud du pays.

Tandis que le pays compte ses morts et tente d’éviter une nouvelle épidémie, les autorités sont désormais jugées sur leur aptitude à gérer l’urgence sanitaire et humanitaire immédiate.

— Par Sarah-Lys Jules


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