Kenscoff : Leslie Voltaire, le conseiller insouciant, esquisse un sourire moqueur en terrain sinistré

Depuis janvier, Kenscoff n’est plus ce havre de paix perché sur les hauteurs de Port-au-Prince. Les gangs armés y ont planté leur drapeau, transformant la commune en zone de non-droit. Les agriculteurs, jadis éloignés des tumultes de la capitale, découvrent désormais l’insécurité dans sa version la plus brutale : tueries, viols, pillages. Et comme si cela ne suffisait pas, les forces de l’ordre ajoutent leur propre touche musclée à ce tableau déjà sombre.

Kenscoff, le 4 novembre 2025

Neuf mois plus tard, rien n’a changé. Ou plutôt si : l’indifférence des autorités s’est solidement installée. Les appels à l’aide des résidents se perdent dans le vide, comme des prières adressées à des dieux absents. Ils réclament la sécurité, tout simplement. Mais apparemment, c’est trop demander.

Et voilà que Leslie Voltaire, conseiller du Conseil Présidentiel de Transition, daigne faire une apparition à Kenscoff lundi 3 novembre . Pas un mot de compassion, pas un geste de solidarité. Juste un sourire moqueur, presque satisfait comme s’il visitait un site touristique en ruines. L’humanité ? Elle semble avoir été oubliée dans les couloirs climatisés du pouvoir.

Pendant que les assaillants poursuivent leur avancée méthodique, détruisant tout sur leur passage, les autorités, elles, persistent dans leur politique de dénigrement. La population civile, déjà meurtrie, est traitée comme un fardeau gênant. Et Leslie Voltaire, dans son rôle de figurant haut placé, incarne parfaitement cette posture : détachée, insensible, presque amusée.

Les agriculteurs de Kenscoff, autrefois fiers et autonomes, attendent encore une réponse. Mais à voir les priorités du gouvernement, leur attente risque de durer. Après tout, pourquoi se presser ? Ce ne sont que des paysans, pas des électeurs influents.

  Ces valeureux agriculteurs et ces mères de famille au courage silencieux ont été arrachés brutalement à leur terre fertile. Ils n’ont jamais quémandé, jamais tendu la main , car de leurs propres efforts naissaient les fruits et les légumes qui nourrissaient leur dignité. À force de sueur, ils assuraient leur subsistance, fiers et autonomes. Aujourd’hui, ils ne demandent pas la charité. Ils exigent ce qui leur est dû : la sécurité. Rien de plus. Rien de moins

Uguenson Auguste
Vant Bef info (VBI)


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