Renforcement des capacités politiques : le CPT lance un programme sans calendrier électoral

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, accompagné de plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), a lancé, ce samedi 1er novembre 2025, un Programme de renforcement des capacités des partis politiques. La cérémonie s’est tenue au Karibe Convention Center, à Juvénat, en présence du représentant de Fanmi Lavalas, l’architecte Leslie Voltaire, et de celui de Pitit Dessalines, Me Emmanuel Vertilaire — ce dernier ayant été chahuté par une partie de l’assistance lors de son intervention.

Selon le Premier ministre, cette initiative vise à moderniser la vie politique haïtienne et à préparer le terrain pour des élections libres et inclusives.

« Cet événement marque un tournant dans la relation entre l’État et les partis politiques », a-t-il déclaré. « Il s’agit de doter le pays d’acteurs politiques mieux formés, plus responsables et engagés dans une gouvernance stable et transparente », a-t-il ajouté.

Un programme jugé nécessaire

Ce programme intervient dans un contexte de crise politique prolongée, où l’absence de formation et la faiblesse institutionnelle des partis ont souvent été pointées du doigt.
Le projet prévoit la formation de plus d’un millier de représentants politiques issus des dix départements du pays, répartis dans trois pôles régionaux — Port-au-Prince, Cap-Haïtien et Les Cayes. Une plateforme numérique d’enregistrement des partis, conçue par GSIS, a également été présentée, dans une optique de transparence et de modernisation du système politique.

Des acteurs privés mobilisés

L’exécution du programme sera confiée à plusieurs entreprises haïtiennes reconnues pour leur expertise : le CPDEP pour l’organisation, Groupe Croissance S.A. pour la gestion managériale et financière, et DAGMAR S.A. pour la communication et les technologies. Un partenariat public-privé qui, selon la Primature, garantit le professionnalisme et la réussite du projet.

Une initiative tardive et controversée

Malgré ses ambitions, le timing du lancement interroge. Le CPT, composé de représentants de partis eux-mêmes fragilisés, n’a pas initié ce programme plus tôt dans son mandat. Ce lancement survient à quelques mois de la date du 7 février 2026, qui marque la fin officielle de son mandat selon l’accord du 3 avril.
Certains observateurs y voient une manœuvre politique destinée à apaiser les tensions, alors que le Conseil électoral provisoire (CEP) peine toujours à publier un calendrier électoral.

Pour rappel, le CPT s’était vu confier trois missions principales : améliorer la sécurité, lancer une réforme constitutionnelle et organiser des élections crédibles. Deux ans plus tard, ces objectifs demeurent largement inachevés, laissant planer le doute sur la capacité réelle du Conseil à conduire le pays vers un retour à la normalité démocratique.

Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)


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