Sécurité : des policiers blessés sans soins, neuf mois sans salaire
Alors que la lutte contre les gangs armés se poursuit à travers le pays, la situation des agents de la Police nationale d’Haïti (PNH) reste préoccupante. Deux policiers de la 34ᵉ promotion, blessés lors d’affrontements à Lascahobas, sont actuellement dans un état critique, selon plusieurs sources locales. Ils n’auraient pas reçu de soins adéquats, faute de moyens et de suivi institutionnel.

Des agents sans salaire depuis neuf mois
Port-au-Prince, 20 octobre 2025 —Selon un rapport de Prensa Latina publié le 13 septembre 2025, plusieurs agents de la 34ᵉ promotion de la PNH n’ont pas perçu de salaire depuis plus de neuf mois.
Cette situation intervient dans un contexte déjà difficile : entre juin 2024 et juin 2025, au moins 33 policiers ont perdu la vie dans le cadre des opérations anti-gangs, selon des données syndicales. Le moral des forces de l’ordre s’en trouve gravement affecté.
Évacuations pour les étrangers, attente pour les Haïtiens
Au sein de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSS), les policiers étrangers, notamment kényans, bénéficient de dispositifs d’évacuation médicale rapide, y compris vers la République dominicaine.
En revanche, les officiers haïtiens blessés à Lascahobas n’ont pas bénéficié d’un soutien similaire. D’après des témoins, deux d’entre eux auraient besoin d’une évacuation d’urgence, mais aucune initiative officielle n’a encore été annoncée par les autorités.
Une force fragilisée par le manque de moyens
Le Stimson Center et plusieurs observateurs de la sécurité en Haïti alertent sur les conséquences de la non-rémunération, du sous-équipement et du manque d’appui logistique.
Près de 3 000 agents auraient quitté les rangs de la police au cours des trois dernières années, affaiblissant davantage la capacité opérationnelle de l’État face à la montée des violences armées.
Malgré des appuis financiers internationaux, la PNH demeure sous-équipée. Sur les 272 millions de gourdes réclamés pour couvrir les besoins prioritaires, 65 % seulement auraient été débloqués.
Une réforme nécessaire pour restaurer la confiance
Les autorités policières plaident pour le versement rapide des arriérés de salaire et l’instauration d’une indemnité de risque pour les agents engagés dans les zones de combat.
Des experts soulignent également la nécessité d’une clarification des rôles entre la PNH et la force multinationale GSF de 5 500 hommes, afin d’éviter tout chevauchement ou confusion opérationnelle.
Tant que les policiers haïtiens continueront d’affronter les gangs sans protection suffisante ni reconnaissance institutionnelle, la stabilité de la sécurité nationale restera compromise, estiment plusieurs analystes.
Sarah-Lys Jules
Vant Bèf Info (VBI)
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