Haïti : L’ONU tire la sonnette d’alarme sur l’usage des drones — entre inquiétude, hypocrisie et volonté d’aider
Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, a exprimé une profonde préoccupation face à l’utilisation croissante des drones kamikazes par les autorités haïtiennes dans leur lutte contre les gangs. Une inquiétude révélée le 2 octobre dernier à Genève, lors d’une déclaration officielle de l’ONU.

Port-au-Prince, le 7 octobre 2025 .—
Selon M. Türk, les frappes de drones menées à la mi-septembre ont causé la mort d’au moins 559 personnes, dont 11 enfants. Il a dénoncé un usage disproportionné et inutile de la force, estimant que plusieurs de ces attaques violent les normes fondamentales du droit international des droits de l’homme.
« Toute opération armée doit respecter les principes de légalité, de nécessité, de proportionnalité, de non-discrimination, de précaution et de responsabilité », a rappelé le Haut-Commissaire.
Volker Türk a également exhorté les autorités haïtiennes à ouvrir des enquêtes indépendantes sur chaque cas d’usage excessif ou inapproprié de la force, afin que les responsables répondent de leurs actes.
Cette mise en garde intervient alors que le Conseil de sécurité des Nations Unies a récemment approuvé le déploiement de plus de 5 000 militaires et policiers étrangers dans le cadre de la Force de Suppression des Gangs (FSG). Une mission internationale censée stabiliser le pays, mais dont l’efficacité et la légitimité suscitent déjà des doutes, y compris au sein de l’ONU.
Derrière cette position officielle, plusieurs analystes s’interrogent : la communauté internationale veut-elle réellement aider Haïti, ou assiste-t-on à une intervention de façade, empreinte de contradictions entre discours humanitaires et actions militaires ?
Malgré les critiques liées aux risques de dommages collatéraux, certains observateurs soulignent que les drones demeurent l’un des rares moyens capables d’inquiéter efficacement les gangs lourdement armés qui continuent de terroriser la population.
Entre nécessité sécuritaire et respect des droits humains, Haïti se trouve une fois de plus au cœur d’un dilemme international, où les promesses d’aide risquent de se heurter aux réalités d’une guerre urbaine d’une extrême complexité.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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