Haiti : Cinq ans après l’assassinat de Grégory Saint-Hilaire, la justice demeure muette

Cinq ans après la mort tragique de Grégory Saint-Hilaire, étudiant de l’École normale supérieure, abattu par balles à l’intérieur de cette entité de l’UEH lors d’une mobilisation étudiante le 2 octobre 2020, aucune avancée judiciaire n’a été enregistrée. Malgré les promesses d’enquête et les appels répétés de la société civile et des organisations de défense des droits humains, le dossier demeure au point mort.

Port-au-Prince, 2 octobre 2025 – 

Le jour du drame, Grégory Saint-Hilaire participait à une manifestation pacifique aux côtés d’autres étudiants réclamant de meilleures conditions d’études, le paiement des bourses en retard et le respect de leurs droits académiques. La mobilisation avait été violemment dispersée par des agents de l’Unité de sécurité générale du Palais national (USGPN), déployés sur le campus. Selon des témoins, les forces de l’ordre avaient fait un usage excessif de la force.
Atteint par balles dans l’enceinte même de l’université, Grégory avait été transporté d’urgence à l’hôpital, où il a succombé à ses blessures.

Cinq ans d’impunité

Malgré l’émotion nationale suscitée par son décès, aucune suite judiciaire n’a été donnée. Les autorités de l’époque avaient annoncé l’ouverture d’une enquête et promis que « lumière serait faite ». Mais, cinq ans plus tard, aucun rapport n’a été publié et aucune poursuite n’a été engagée contre les agents mis en cause.
Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), Amnesty International et plusieurs organisations locales dénoncent régulièrement l’inaction de la justice haïtienne. Des correspondances adressées au ministère de la Justice et au parquet sont restées sans réponse.

Un symbole pour le mouvement étudiant

Au-delà du drame, Grégory Saint-Hilaire est devenu un symbole de la lutte contre la répression et l’impunité. Son nom continue d’être scandé lors de rassemblements et de grèves étudiantes. Des fresques murales à son effigie ornent plusieurs murs de la capitale, et chaque année, des syndicats et organisations citoyennes commémorent sa mémoire.

Cinq ans après, le souvenir de Grégory demeure intact. Pour ses camarades, son absence incarne toujours la soif de justice et le refus de l’oubli. Tant que vérité et responsabilité ne seront pas établies, sa mémoire restera un appel à la dignité, à la justice et à un avenir différent.

Christina Juliana Vilmé

Vant Bèf Info (VBI


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