Haïti : un nouvel exercice budgétaire, entre attentes sociales et contraintes économiques
Le gouvernement haïtien ouvre ce mardi l’exercice budgétaire 2025-2026 dans un climat de fortes attentes sociales, mais avec des marges de manœuvre financières limitées. Entre les impératifs de sécurité, d’accès à l’éducation, à la santé, et les ressources fiscales restreintes, l’État se trouve confronté à un difficile exercice d’équilibriste.

Port-au-Prince, 1er octobre 2025 —
Lors de l’exercice 2024-2025, le budget national s’élevait à 323,445 milliards de gourdes, financés par les recettes internes, les dons et les emprunts. L’éducation avait bénéficié d’une enveloppe de 42 milliards de gourdes, en hausse de 24 %, tandis que les secteurs de la justice et de la sécurité avaient reçu plus de 36 milliards. À elle seule, la Police nationale d’Haïti (PNH) avait obtenu 32,935 milliards, et les Forces armées d’Haïti (FAD’H), 8,376 milliards.
Les recettes douanières restent un pilier essentiel du financement de l’État. En décembre 2024, l’Administration générale des douanes (AGD) a battu un record avec 13 milliards de gourdes collectées en un mois. Toutefois, ces performances ponctuelles ne suffisent pas à compenser la faiblesse structurelle des revenus internes.
Dans un contexte marqué par une insécurité persistante, la population attend des réponses concrètes : des écoles fonctionnelles, des hôpitaux accessibles, une présence policière efficace. Le « budget de guerre » récemment annoncé pour intensifier la lutte contre les gangs a amplifié ces attentes, tout en accentuant la pression sur les finances publiques.
La dépendance aux financements extérieurs, conjuguée au poids croissant du service de la dette, limite les capacités d’investissement de l’État dans les secteurs productifs et sociaux. L’orientation sécuritaire du budget, bien que compréhensible au vu de la crise actuelle, risque de se faire au détriment des programmes de développement humain.
Dans un pays où l’exécution budgétaire demeure incomplète d’année en année, l’exercice 2025-2026 apparaît comme un test de crédibilité pour le gouvernement. La transparence, l’efficacité des dépenses publiques et la capacité à répondre aux urgences sociales seront déterminantes pour restaurer la confiance d’une population épuisée.
Josué François
Vant Bèf Info (VBI)
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