Trump dévoile un plan en vingt points pour Gaza : entre audace diplomatique et scepticisme généralisé

Donald Trump a présenté une nouvelle proposition censée mettre un terme à la guerre qui oppose Israël au Hamas. Ce plan de paix, articulé en vingt points, vise à instaurer un cessez-le-feu durable, libérer les otages, démilitariser Gaza et placer l’enclave sous une administration transitoire internationale.

Crédit photo: Courrier international

Washington, 29 septembre 2025.- Contrairement à son projet de 2020, baptisé Peace to Prosperity, la version 2025 se veut plus pragmatique et opérationnelle. Elle introduit la création d’un « Board of Peace », organe international placé sous la direction de Trump lui-même, et auquel serait associé l’ancien Premier ministre britannique Tony Blair. Sa mission : superviser Gaza pendant la transition et préparer les conditions d’une reconstruction économique massive.
Parmi les mesures phares, le plan prévoit : la libération des otages dans les 72 heures suivant son adoption ; un échange réciproque de prisonniers, y compris ceux condamnés à perpétuité ; le retrait progressif des forces israéliennes, avec suspension des opérations militaires durant la libération ; la transformation de Gaza en zone démilitarisée, placée sous contrôle international ; la possible intégration future de l’Autorité palestinienne, sous réserve de réformes structurelles. Le document évoque enfin, sans préciser de calendrier, une « autodétermination » palestinienne à plus long terme.

Réactions contrastées : Israël favorable, Palestiniens dubitatifs

Côté israélien, Benjamin Netanyahu a salué un plan qui « sert les objectifs de guerre » : retour des otages, démantèlement des capacités militaires du Hamas et garantie que Gaza ne constituera plus une menace. Mais le Premier ministre a assorti son approbation de conditions strictes, notamment le maintien de mesures de sécurité renforcées et l’exclusion totale du Hamas de la future gouvernance.

Chez les Palestiniens, la réception est beaucoup plus froide. Plusieurs responsables dénoncent une proposition « déséquilibrée », largement favorable à Israël et dépourvue d’engagements concrets sur la souveraineté, les frontières ou la question des réfugiés. Ils jugent que le plan ne respecte pas les résolutions internationales et risque d’entériner une domination extérieure perçue comme une occupation.

Des défis majeurs pour la mise en œuvre

La réussite du projet repose avant tout sur l’adhésion du Hamas, qui paraît improbable dans les conditions actuelles. Garantir la sécurité sur le terrain, tout en retirant les troupes israéliennes, représente un autre casse-tête. De plus, l’administration transitoire devra gagner la confiance d’une population exsangue, méfiante face à toute supervision internationale.

Les réformes exigées de l’Autorité palestinienne sont également source d’incertitude, tant elles pourraient être lentes et contestées. À cela s’ajoute le risque de rejet par certains pays arabes ou alliés traditionnels des Palestiniens, ainsi que la question cruciale du financement colossal qu’exigerait la reconstruction de Gaza.

Opportunités et lignes rouges

Pour ses partisans, le plan offre enfin une feuille de route claire après des années d’impasse diplomatique. En plaçant la libération des otages au cœur du dispositif, il répond à une exigence humanitaire urgente. Il pourrait aussi jeter les bases d’une reconfiguration institutionnelle de Gaza.

Mais les critiques pointent ses limites : la prépondérance donnée aux intérêts israéliens, l’absence d’engagement ferme sur la souveraineté palestinienne et le spectre d’une occupation déguisée par un « Board of Peace » piloté de l’extérieur.

En somme, le plan Trump pour Gaza illustre un pari audacieux : combiner garanties sécuritaires et promesses de reconstruction pour éteindre un conflit qui ravage la région depuis des décennies. Mais sa mise en œuvre dépendra d’un alignement improbable : l’acceptation du Hamas, l’adhésion de la population palestinienne et la volonté des acteurs internationaux de financer et superviser ce chantier titanesque.

À défaut, ce projet risque de rejoindre la longue liste des initiatives avortées qui, loin d’apporter la paix, n’ont fait qu’alimenter la frustration et creuser davantage le fossé entre deux peuples en quête de reconnaissance et de sécurité.

Vant Bef Info (VBI)


Discover more from Vant Bèf Info (VBI)

Subscribe to get the latest posts sent to your email.