Enlèvement à Carrefour Fleuriot : la famille de Guyvara Gaston lance un appel désespéré
Plus de deux mois après l’enlèvement de Guyvara Gaston, sa famille vit dans l’angoisse et le désespoir. La jeune femme a été kidnappée le 17 juillet 2025 à Carrefour Fleuriot par des individus lourdement armés. Depuis, aucune nouvelle rassurante n’a filtré, plongeant ses proches dans une incertitude insupportable.

Port-au-Prince, le 29 septembre 2025—
Sa mère, Destina Laguerre, multiplie les démarches pour alerter l’opinion publique et solliciter l’aide des autorités. Face à la presse ce lundi, elle a lancé un cri de détresse. « Je demande au chef de file de Viv Ansanm de faire tout ce qui est en son pouvoir afin que ma fille puisse rentrer à la maison », a-t-elle déclaré, visiblement bouleversée.
Selon Mme Laguerre, les ravisseurs exigent la somme exorbitante de 100 000 dollars américains pour libérer Guyvara. Une somme impossible à rassembler pour cette famille de condition modeste. « Je n’ai pas cet argent. Je supplie les chefs de gangs de libérer ma fille. Nous n’avons rien », a-t-elle insisté.
Cette demande de rançon est monnaie courante en Haïti : les enlèvements crapuleux visant à soutirer de fortes sommes d’argent aux familles, souvent incapables de payer.
Depuis plusieurs années, le kidnapping s’est imposé comme l’un des principaux fléaux qui ravagent la capitale et ses environs. Des quartiers entiers vivent au rythme de la peur, tandis que les familles des victimes sont contraintes de négocier avec des groupes armés sans foi ni loi.
Carrefour Fleuriot, zone située non loin de l’aéroport international Toussaint Louverture, est devenu au fil du temps l’un des points noirs de cette insécurité. Plusieurs cas d’enlèvements y ont été signalés, affectant aussi bien des anonymes que des personnalités publiques.
Dans son message, Mme Laguerre ne s’est pas seulement adressée aux gangs, mais aussi aux autorités de transition. Elle estime que l’État doit assumer ses responsabilités en protégeant les citoyens et en restaurant l’ordre public. « Nous demandons aux responsables de prendre leurs responsabilités. Nous, les mères, nous ne pouvons pas continuer à vivre dans cette peur », a-t-elle plaidé.
Par ailleurs, elle a interpellé les organisations de défense des droits humains et les leaders religieux, espérant que leur médiation pourrait contribuer à la libération de sa fille.
L’histoire de Guyvara Gaston n’est malheureusement pas isolée. Des dizaines de familles haïtiennes vivent la même tragédie, entre espoir et désespoir, prisonnières du cycle infernal des enlèvements. La voix tremblante de Mme Laguerre traduit une douleur partagée par de nombreuses mères haïtiennes, confrontées à l’incapacité des autorités à garantir la sécurité de leurs enfants.
« Je ne veux pas que ma fille devienne un autre nom sur une liste de disparus. Je veux qu’elle revienne vivante », a-t-elle déclaré en larmes.
Uguenson Auguste
Vant bèt info VBI
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