Le « blokis », une plaie quotidienne dans les artères de Port-au-Prince

La capitale haïtienne vit au rythme du « blokis », ces embouteillages monstres qui paralysent les grands axes routiers. Déjà réduite à deux communes fonctionnelles, Delmas et Pétion-Ville, soit à peine 10 % de son territoire, selon Ghada Fathy Waly, directrice exécutive de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (cité par le New York Post, juillet 2025), Port-au-Prince souffre désormais d’un trafic chronique qui empoisonne le quotidien.

Port-au-Prince, le 17 septembre 2025. – Aux heures de pointe, Gerald Bataille, Delmas 32 ou encore la station de Pétion-Ville se transforment en véritables goulots d’étranglement. Chauffeurs et piétons avancent au ralenti, une situation que l’Université libre de Bruxelles avait déjà décrite en 2017 comme « un frein pour le développement ». Pourtant, la capitale haïtienne n’apparaît même pas dans le classement des villes les plus congestionnées du monde, contrairement à Paris, Londres ou New York, qui bénéficient de meilleures infrastructures et d’une planification urbaine plus stricte.

Pour les citoyens, le calvaire est quotidien. « Tous les matins je pars à 6 h pour arriver à 8 h au travail, mais je suis toujours en retard à cause du trafic », confie une normalienne de 27 ans habitant à Silo. Même constat pour Céra, chauffeur de moto-taxi, qui déplore des parcours compliqués affectant directement ses revenus. Le « blokis » peut aussi coûter des vies en retardant l’accès aux soins d’urgence, tout en augmentant stress et fatigue, selon une étude du RHJS (2022).

Face à cette réalité, plusieurs voix réclament des solutions structurelles. La fin de l’insécurité demeure prioritaire, mais les experts estiment que l’État devra également investir dans les infrastructures routières et réaménager la vie urbaine, notamment en relocalisant les marchands installés dans les rues. En attendant, les cortèges officiels continuent de se frayer un chemin à coups de sirènes, laissant les citoyens coincés dans un trafic qui semble sans issue.

Sarah Germain
Vant Bèf Info (VBI)


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