L’ONU reconnait pour la première fois qu’Israël est en train de commettre un génocide à Gaza

Pour la première fois, une commission d’enquête mandatée par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a conclu qu’Israël « commet un génocide » dans la bande de Gaza. Ce constat, tombé comme un couperet, met en lumière la gravité d’une offensive militaire dont le bilan humain et matériel s’alourdit de jour en jour, et ravive le brasier diplomatique autour du conflit israélo-palestinien.

AFP

Genève, 16 septembre 2025. – Depuis près d’un an, l’armée israélienne mène une campagne militaire d’une intensité sans précédent sur le territoire gazaoui, à la suite des attaques du Hamas en octobre 2024. Selon les données du ministère de la Santé de Gaza, plus de 145 000 Palestiniens auraient péri, dont une majorité de femmes et d’enfants, tandis que les infrastructures vitales dont des hôpitaux, écoles, réseaux d’eau et d’électricité ont été réduites en cendres.

Le rapport de la commission présidée par l’ancienne haut-commissaire Navi Pillay souligne que quatre des cinq actes constitutifs du génocide, tels que définis par la Convention de 1948, sont établis : meurtres massifs, atteintes graves à l’intégrité physique et mentale, conditions de vie intenables créées sciemment et mesures visant à empêcher les naissances. Les experts parlent d’une stratégie « systématique et planifiée » qui dépasse les limites du droit de la guerre.

Réactions contrastées des parties au conflit

À Jérusalem, le gouvernement israélien a immédiatement rejeté les conclusions, dénonçant un rapport « partial, biaisé et instrumentalisé par ses ennemis ». Le Premier ministre a martelé que l’opération militaire vise exclusivement à « neutraliser le Hamas et garantir la sécurité des citoyens israéliens », balayant d’un revers de main l’accusation de génocide.

À Ramallah, l’Autorité palestinienne a salué une « reconnaissance historique de la souffrance d’un peuple martyrisé depuis des décennies ». Pour le Hamas, ces conclusions sont la preuve irréfutable que « l’État hébreu se place au ban de l’humanité », et doivent ouvrir la voie à des sanctions internationales immédiates.

Une onde de choc au sein de la communauté internationale

L’onde de choc dépasse les rives du Proche-Orient. Plusieurs pays du Sud global, de l’Afrique à l’Amérique latine, exigent que le dossier soit saisi par la Cour pénale internationale (CPI) et la Cour internationale de justice (CIJ). Dans les capitales européennes, les réactions oscillent entre prudence diplomatique et condamnation ouverte. La France et l’Espagne appellent à « un cessez-le-feu immédiat et sans conditions », tandis que Washington, principal allié d’Israël, exprime ses « réserves » et met en garde contre « une lecture politique d’un conflit complexe ».

Des ONG internationales comme Amnesty International et Human Rights Watch exhortent à « ne pas fermer les yeux », estimant que l’impunité constituerait un précédent dangereux pour le droit international.

Au-delà des chiffres et des joutes diplomatiques, le rapport de l’ONU pose une question fondamentale : celle de la responsabilité morale et juridique d’un État accusé de franchir le seuil ultime du crime contre l’humanité. L’histoire jugera, mais déjà, la communauté internationale se trouve placée devant un dilemme : continuer de fermer les yeux au nom de la « realpolitik » ou assumer le poids d’une vérité insoutenable. Attendons voir !

Wandy CHARLES,
Vant Bef Info (VBI)


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