Baky se libère de la prison dorée du HMI 

par Gandhi LeMetronome Dorsonne

Depuis quelques jours, les réseaux bruissent. Pas pour un clash, pas pour une rivalité de lit transformée en buzz, mais pour un album. Oui, un vrai projet musical. Baky Popilè a lâché Kaia. Sept titres, pas un de plus, pas un de trop. Et dans un HMI où l’on confond souvent “live Facebook” avec carrière, cette sobriété est déjà un geste politique.

Album ou EP déguisé ?

Soyons honnêtes : si l’on considère le minutage ou le nombre de titres, il n’y a pas lieu de parler d’album. Sept morceaux, c’est plutôt un maxi ou un EP. Et le public ne s’y trompe pas, les plaintes fusent : trop froid, trop mélodique pour un rappeur. On l’accuse de singer les artistes africains. Plus d’un se demande ce qui se cache derrière cette stratégie. Conquête d’un nouveau marché ?

Sept titres, c’est peu pour remplir une tracklist, mais suffisant pour vider une cellule.

L’artiste pur et vrai, n’a pas peur de mélanger, de risquer le désordre pour chercher une nouvelle cohésion. Sept titres suffisent pour rappeler que la liberté artistique n’est pas une question de quantité, mais de choix. Kaia flirte avec l’amapiano, le rara, le gospel, le konpa urbain. Baky, lui, refuse les cases. Là où l’HMI adore coller des étiquettes, il les brûle. Dans Invincible, l’artiste sculpte un manifeste : Haïti et l’Afrique s’y embrassent comme si les tambours du vodou rencontraient la foudre de Soweto. Pendant que d’autres comptent leurs vues TikTok et Intagram comme des hosties sacrées, lui ose la dissonance pour toucher à l’universel.

Le choix du père de famille

Pour d’autres, on voit un Baptista Lugendy St-Hubert mature, père de trois enfants, qui refuse la trivialité, le terre-à-terre. Un combattant qui veut qu’en lieu et place de fans chantant le sexe, la violence ou la bêtise, on opte pour l’optimisme, le travail, la résilience, l’amour. Il évite les featurings qui pourraient booster les chiffres mais étouffer le message. Il a choisi de laisser un mémo pour ses enfants, il a choisi le subtil au lieu de l’épais, l’esprit en lieu et place de la matière.

Kaia n’est pas un album au sens classique, mais un manifeste, un puits, une source d’espoir où tout un chacun puisse s’abreuver au moment de victoire ou de désespoir. Dans ce HMI saturé de buzz, l’artiste de 34 ans a osé la profondeur contre la superficialité.

Alors oui, certains riront, d’autres cherchent ailleurs ce qu’ils ne trouvent plus ici. Mais Baky s’est libéré de la prison dorée du système. Sept titres pour un combat, ce n’est peut-être pas un album, mais lyriquement c’est exactement ce dont nous avions besoin en attendant son album rap pour bientôt, j’espère.


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