Mirebalais sous le joug des gangs : une population abandonnée
Alors que Port-au-Prince concentre l’attention des médias et des autorités, Mirebalais, dans le Centre, vit dans la peur et l’insécurité depuis des mois.

Depuis plus de six mois, la commune de Mirebalais est plongée dans un climat d’insécurité alarmant. Les habitants subissent quotidiennement racket, enlèvements, barrages illégaux et violences ciblées. La coalition armée Viv Ansanm, dirigée par Jimmy Chérizier, alias “Barbecue”, impose sa loi, malgré ses prétentions à promouvoir la paix.
Mirebalais, 11 septembre 2025 –
Une population prise au piège
« Malgré de nombreux appels à l’aide lancés aux autorités, personne ne nous écoute. On nous a livrés aux bandits », déplore une résidente, forcée de quitter son domicile pour rejoindre un centre de déplacés, où les conditions de vie restent déplorables.
Un homme de 68 ans témoigne : « Les policiers qui devraient nous protéger sont retranchés dans un hôtel, ayant abandonné leur commissariat sous la pression des gangs. Qui aurait cru cela possible en 2025 ? » Il confie qu’à son âge, il devrait vivre paisiblement, mais se retrouve à fuir pour survivre. « Si les gangs ont autant de pouvoir aujourd’hui, c’est parce que l’État leur a ouvert la voie. Ces dirigeants sont de connivence avec les criminels », ajoute-t-il, les larmes aux yeux.
Silence des autorités et frustration grandissante
Malgré les alertes répétées de la société civile, aucune réponse sécuritaire efficace n’a été mise en œuvre. Les patrouilles policières sont quasi inexistantes et les services publics fonctionnent au ralenti. Les routes reliant Mirebalais aux autres zones stratégiques sont régulièrement bloquées ou menacées par les gangs.
Une urgence ignorée
La détérioration de la situation sécuritaire ne connaît aucun frein, et l’inaction du gouvernement central et de la Police Nationale d’Haïti (PNH) alimente frustration, colère et désespoir. Autrefois reconnu comme un centre agricole et médical vital, Mirebalais se vide peu à peu de ses forces vives. Ceux qui le peuvent fuient, tandis que les autres tentent simplement de survivre.
La population réclame une intervention rapide, structurée et durable pour restaurer l’ordre, protéger les habitants et permettre un retour à une vie digne.
Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)
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