Quand l’incapacité à vaincre les gangs continue de fermer les cieux d’Haïti

Par Wandy CHARLES

La décision de la Federal Aviation Administration (FAA) américaine de prolonger, jusqu’en mars 2026, l’interdiction des vols commerciaux à destination de Port-au-Prince est plus qu’un signal d’alarme : c’est un constat d’échec. Près de deux ans après l’arrivée de la mission multinationale censée épauler la Police nationale, les gangs contrôlent encore la majorité de la capitale, au point que l’État haïtien paraît incapable d’assurer la sécurité minimale autour de son aéroport.

Cette prolongation isole un peu plus Haïti. Les avions américains ne peuvent toujours pas atterrir à Port-au-Prince, ce qui coupe le pays d’une partie de sa diaspora et fragilise les échanges commerciaux déjà laminés. Le tourisme, jadis ressource d’appoint, est totalement sinistré. Quant aux ONG et organismes humanitaires, ils peinent à déployer leurs équipes et à faire parvenir du matériel vital. L’accès aux soins se complique : certains malades ne peuvent plus voyager aisément vers des centres spécialisés à l’étranger, faute de liaisons régulières et sécurisées.

Certains se plaisent à évoquer Les Cayes ou Cap-Haïtien comme alternatives. La réalité est plus crue : ces aéroports n’ont ni les infrastructures, ni la capacité technique pour absorber un trafic international massif. Pistes inadaptées, absence d’équipements de contrôle modernes, logistique de transfert déficiente… tout démontre que ces options demeurent des palliatifs, pas des solutions durables.

Au-delà des impacts économiques, c’est l’image du pays qui se dégrade encore davantage. Qu’un espace aérien soit jugé trop dangereux pour accueillir des vols commerciaux traduit une défaillance profonde de l’autorité publique. Les compagnies aériennes, même en dehors du cadre légal américain, refusent d’y exposer leurs passagers et leurs équipages. Cette défiance traduit une réalité accablante : Haïti ne parvient pas à restaurer la confiance dans ses institutions de sécurité.

La prolongation des restrictions aériennes n’est pas seulement un problème technique, c’est un désaveu politique. Elle rappelle que tant que les gangs contrôleront les artères de la capitale et dicteront leur loi, Haïti restera enclavée dans sa propre fragilité. Il appartient aux autorités, appuyées par leurs partenaires, de rétablir la sécurité de l’aéroport et de reconquérir la souveraineté sur Port-au-Prince.

Vant Bef Info (VBI)


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