Haïti : un comité national de 21 membres pour réclamer la restitution de la dette coloniale
Deux siècles après l’ordonnance de 1825 imposant à Haïti une indemnité colossale en échange de la reconnaissance de son indépendance, un Comité national haïtien de restitution et de réparation (CNHRR) a officiellement vu le jour. Le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, a remis lundi les ampliations aux 21 membres du Comité, lors d’une cérémonie à la Villa d’Accueil.

Musseau, 8 septembre 2025. – Dans son allocution, le chef du CPT a salué « une étape importante dans la démarche de justice réparatrice » et promis l’accompagnement de son institution. Le CNHRR est chargé de définir une stratégie diplomatique autour des réparations, de documenter l’impact de la dette coloniale sur le développement du pays et de sensibiliser la population et la communauté internationale.

Placée sous la présidence du recteur de l’Université d’État d’Haïti, Dieuseul Prédélus, la structure regroupe universitaires, membres de la diaspora, représentants de la société civile et des ministères stratégiques. Ronald Jean Jacques en assure le secrétariat exécutif. Prédélus a rappelé que la dette coloniale, fixée à 150 millions de francs-or par la France puis réduite à 90 millions, avait plongé la jeune république dans un cycle d’emprunts auprès de banques françaises, freinant durablement son développement.
Pour le recteur, cette « dette de l’indépendance » doit être nommée pour ce qu’elle est : un « chantage colonial » et « l’un des crimes économiques les plus lourds de conséquences ». La question des réparations revient ainsi au premier plan, alors que la France avait annoncé en avril dernier la création d’une commission mixte d’historiens français et haïtiens pour revisiter cette page de l’histoire.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
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