Quand le Canada refuse la guerre totale contre les gangs en Haïti

Alors qu’Haïti opte pour l’usage de drones armés dans sa lutte contre les gangs, le Canada fait entendre sa désapprobation, rejoignant d’autres voix internationales réticentes face à cette tactique radicale, selon ce qu’a rapporté CBC News la semaine dernière.

Port au Prince,le 29 juillet 2025-

La nation haitienne prise en étau par une violence endémique, peine à reprendre le contrôle de sa capitale. Port-au-Prince. Mal équipée et largement dépassée en nombre, la Police nationale haïtienne n’a pas réussi, depuis cinq ans, à contenir l’expansion et la montée en puissance des groupes armés. Durant cette période, les gangs ont progressivement pris possession de plus de 80 % du territoire métropolitain.

Leurs ravages sont visibles : hôpitaux incendiés, écoles fermées, entreprises détruites, institutions publiques paralysées. Ni les manifestations citoyennes réclamant la sécurité ni les multiples appels à l’aide n’ont inversé la tendance.

Face à cette spirale de violence, les autorités haïtiennes ont récemment eu recours à des drones armés, un outil de guerre asymétrique censé offrir un avantage tactique à une force policière affaiblie. Une décision saluée par certains comme un mal nécessaire, mais critiquée par d’autres, notamment le gouvernement canadien.

Des responsables onusiens évoquent un « contrôle quasi total » de la capitale par les gangs. Et la situation ne se limite pas à Port-au-Prince : dans la région de l’Artibonite, trois policiers et deux civils ont été tués la semaine dernière, illustrant l’extension du conflit à l’intérieur du pays.

La prudence affichée par Ottawa face à l’usage de drones létaux soulève des interrogations à Port-au-Prince. Le Canada, souvent perçu comme aligné sur les positions des États-Unis et de la France dans le dossier haïtien, semble freiner toute escalade militaire contre les gangs — au risque d’apparaître comme un obstacle à la souveraineté d’Haïti.

Dans un contexte d’effondrement général, où la vie et la mort se confondent dans la rue, nombreux sont ceux qui estiment qu’il est temps d’agir avec fermeté. “Aux grands maux, les grands remèdes”, affirment les partisans d’une réponse armée.

Uguenson Auguste
Vant Bèt Info (VBI)


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3 comments

  • Esperence Didier

    😄😄😄😄😄 Amweyyyyyyy hummm mèsi kanada, ba yo , se sa .
    Ayisyen toujou vle itilize ekspresyon fransè sa: ” Aux grands maux , grands remèdes. ” Ki vin’ baw nan bon kreyòl Ayisyen tizòrèy la : ” Move maladi, move remèd.” Yo itilize pwovèb saa nan moman sa yo sitou lè y’ap pale de veritab katchouboumbe Ayiti tonbe poukouwèl ye la, men san yo pa janm konsyan se yo ki move maladi-a ki merite move remèd oubyen medsin chwal la …

  • Angelor Chancy

    Qu’aurait dit le gouvernement Canadien si c’était le peuple canadien qui subissait pareille violence des groupes armés ????? Ces gens ne sont sensibles aux douleurs des noirs.

  • Emmanuel St-Eloi

    Est-ce que le Canada condamne les bombardements massifs d’Israël et le génocide sur les Palestiniens impunément ?