Haïti : l’OEA propose une feuille de route pour la paix et la stabilité
Le Secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), Albert Ramdin, a effectué, ce samedi 21 juin 2025, une visite au Bureau central de la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MSSM) en Haïti. À cette occasion, il s’est entretenu avec la Directrice exécutive de la mission, Mara Tekach, ainsi qu’avec le Conseiller militaire adjoint, John J. Melo.

Washington, 21 juin 2025 – Cette visite visait à évaluer directement la situation sécuritaire d’Haïti, de plus en plus marquée par l’emprise des gangs armés. Albert Ramdin a mis en lumière les menaces persistantes qui pèsent sur les principales voies de communication, ainsi que sur des infrastructures stratégiques telles que l’aéroport et le port de Port-au-Prince.
Face à ces défis, le diplomate surinamien a présenté une feuille de route articulée autour de quatre axes prioritaires :
L’aide humanitaire pour répondre aux besoins urgents des populations ;
Le renforcement de la sécurité afin de restaurer l’ordre public ;
L’instauration d’un dialogue politique devant aboutir à des élections libres ;
Le développement durable pour garantir une paix et une prospérité à long terme.
« Ces quatre piliers sont essentiels pour ramener la paix et permettre à Haïti d’avancer », a déclaré Albert Ramdin, réaffirmant l’engagement de l’OEA envers le peuple haïtien.
Il a également souligné l’importance d’une coopération régionale renforcée pour faire face aux défis liés à la sécurité, à la gouvernance et à la stabilité.
Une nouvelle feuille de route politique pourrait être discutée en marge de la prochaine Assemblée générale de l’OEA, prévue du 25 au 27 juin à Antigua-et-Barbuda. L’objectif est de parvenir à un consensus autour d’un référendum constitutionnel et du respect du calendrier électoral, incluant la tenue des prochaines élections nationales.
Mederson Alcindor
Vant Bèf Info (VBI)
Discover more from Vant Bèf Info (VBI)
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cet article présente la proposition de la LOÉA comme une feuille de route pour la paix et la stabilité en Haïti, mais il faut dire les choses telles qu’elles sont : cette démarche, aussi bien intentionnée soit-elle, reste fondamentalement superficielle et déconnectée de la réalité politique et sociale du pays.
D’abord, il est impossible de parler de paix durable sans reconnaître la responsabilité des puissances étrangères qui manipulent et contrôlent toujours Haïti en coulisses. Tant que cette ingérence massive ne sera pas explicitement dénoncée et combattue, toute feuille de route ne sera qu’un simple exercice de façade.
Ensuite, le silence total sur la légitimité contestée du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) est un énorme oubli. Comment prétendre bâtir une gouvernance stable quand l’instance censée diriger la transition est perçue par le peuple comme une marionnette étrangère et corrompue ? Accepter le statu quo revient à légitimer la continuité du chaos et de la dépossession.
De plus, la proposition ne fait aucune mention claire de la nécessité de démanteler les réseaux de corruption, d’arrêter les complices politiques des gangs et de mettre fin à l’impunité qui règne depuis des années. Sans ces mesures radicales, il est illusoire d’espérer un vrai changement.
Enfin, cette feuille de route manque de toute stratégie concrète pour désarmer les gangs et reconstruire des institutions véritablement souveraines. Parler de dialogue et de réconciliation sans un plan d’action clair pour imposer la loi et restaurer l’autorité de l’État relève de la naïveté.
En somme, ce texte, tout en semblant offrir des solutions, passe à côté des questions essentielles. Il est temps d’arrêter les discours creux et d’exiger des actions courageuses, transparentes et véritablement haïtiennes, qui placent la souveraineté et le peuple au cœur de la reconstruction nationale.