L’Opposition progressiste accuse le pouvoir de vouloir légitimer son échec par les élections
Alors que se poursuit l’inscription des électeurs, dans un pays toujours confronté à l’insécurité, l’Opposition progressiste tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué publié ce mercredi, le regroupement politique accuse le gouvernement démissionnaire de vouloir organiser des élections malgré l’absence, selon lui, des conditions nécessaires à la tenue d’un scrutin crédible.

Port-au-Prince, 2 septembre 2026. Pour l’Opposition progressiste, il est difficile de parler d’élections crédibles alors que des familles sont déplacées, que la circulation reste limitée dans plusieurs zones et que la crise humanitaire continue de s’aggraver.
L’insécurité au cœur des préoccupations
Le regroupement politique critique également les éventuelles modifications du décret électoral et les changements envisagés au sein du Conseil électoral provisoire (CEP).
Selon lui, modifier certaines dispositions du décret ou remplacer des conseillers électoraux ne permettra pas, à lui seul, de résoudre la crise. Le problème serait plus profond et concernerait la gouvernance du pays.
L’Opposition progressiste rejette surtout l’idée que les Haïtiens doivent s’accommoder de l’insécurité pour participer au processus électoral. Elle estime que les citoyens ne peuvent être appelés à choisir leurs dirigeants alors que, dans certaines zones, ils ne peuvent pas vivre, travailler ou exercer librement leurs droits civiques.
Des inquiétudes sur l’utilisation des données personnelles
Le regroupement soulève également des interrogations sur l’utilisation présumée, sans leur consentement, des données personnelles et des NINU de certains citoyens.
Il demande des explications sur l’utilisation de ces informations et sur les mesures prises pour prévenir les inscriptions frauduleuses.
L’Opposition progressiste conteste aussi certaines dispositions du décret électoral, notamment l’article 75 relatif à la convocation du peuple en ses comices. Elle estime que les pouvoirs du CEP doivent rester dans les limites prévues par la Constitution.
Une faible mobilisation interprétée comme un signe de méfiance
Après environ un mois d’inscription des électeurs, l’Opposition progressiste considère la faible mobilisation observée comme un signe de méfiance plutôt que comme un simple manque d’intérêt.
Selon le regroupement, une partie de la population ne se reconnaît pas dans un processus électoral piloté par des institutions dont la crédibilité serait fortement contestée.
L’Opposition progressiste met ainsi en garde contre l’utilisation des élections comme moyen de conférer une nouvelle légitimité à une gouvernance qu’elle juge défaillante. Elle appelle les autorités à prendre en compte les inquiétudes de la population avant de poursuivre le calendrier électoral.
L’opposition propose un nouveau cadre politique
Le regroupement souhaite que le cadre politique soit réexaminé avant de se concentrer exclusivement sur l’organisation des élections.
Il propose notamment la mise en place d’un Exécutif bicéphale, l’adoption d’une feuille de route politique consensuelle et limitée dans le temps, ainsi que des mesures visant à rétablir progressivement la sécurité.
L’Opposition progressiste réclame également un dialogue politique inclusif et une révision des dispositions électorales qu’elle considère comme contraires à la Constitution.
Pour le regroupement, les élections restent nécessaires. Mais leur crédibilité dépend, selon lui, de la capacité des autorités à garantir la sécurité, à restaurer la confiance dans les institutions et à permettre aux citoyens de choisir librement leurs dirigeants.
Emmanuel Joseph
Vant Bèf Info
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