L’ONLCC critique l’UCREF et appelle à renforcer la lutte contre le blanchiment de capitaux

L’Organisation nationale de lutte contre la corruption et la criminalité (ONLCC) dénonce ce qu’elle considère comme une absence d’actions de l’Unité centrale de renseignements financiers (UCREF) face aux soupçons de blanchiment de capitaux et de financement d’activités criminelles en Haïti.

Port-au-Prince, 31 juillet 2026.- Dans une note de presse publiée ce jeudi, l’ONLCC affirme ne plus vouloir garder le silence sur la gestion de l’institution chargée du renseignement financier. L’organisation accuse l’UCREF de manquer de leadership et de responsabilité dans le traitement des informations liées aux flux financiers suspects.

Selon l’ONLCC, plusieurs dénonciations publiques ont visé des personnalités et des institutions soupçonnées d’activités financières illicites. Toutefois, l’organisation affirme que l’UCREF n’aurait pas communiqué publiquement sur ces dossiers ni transmis de rapports aux autorités judiciaires et policières pour d’éventuelles suites.

L’organisation rappelle que la mission de l’UCREF est encadrée par la loi du 8 mai 2017 et le décret du 30 avril 2023 sur la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive.

L’ONLCC évoque également la situation du directeur général de l’UCREF, Me Michelin Justable. Elle affirme que son mandat serait arrivé à expiration depuis octobre 2023. Cependant, l’organisation estime que cette situation ne peut expliquer l’absence de résultats de l’institution.

Des interrogations sur la circulation de l’argent

Dans sa note, l’ONLCC s’interroge aussi sur les difficultés rencontrées par des citoyens pour accéder aux liquidités dans plusieurs villes du pays.

L’organisation mentionne les restrictions imposées par certaines banques sur les retraits en gourdes et en dollars américains. Elle estime que cette situation soulève des questions sur la circulation des capitaux et les mécanismes utilisés par les groupes armés pour financer leurs activités.

L’ONLCC demande notamment des explications sur l’utilisation des rançons issues des enlèvements, l’achat d’armes par les groupes criminels et la capacité du système financier à détecter les fonds provenant d’activités illégales.

L’ONLCC appelle à une surveillance accrue des flux financiers

L’organisation affirme également avoir constaté que certains commerçants utilisent davantage les maisons de transfert que les banques pour convertir leurs gourdes et financer leurs importations.

Elle invite l’UCREF à se prononcer sur cette pratique et à renforcer les mécanismes de surveillance des mouvements financiers.

À travers cette prise de position, l’ONLCC appelle les autorités à renforcer les mesures contre le blanchiment de capitaux. L’organisation estime qu’une lutte plus efficace contre les flux financiers illicites est nécessaire pour protéger l’économie nationale et rétablir la confiance envers les institutions financières.

Jean Gilles Désinord
Vant Bèf Info (VBI)


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