KANAL LA PAP KANPE : L’ouverture des frontières, le cadet des soucis de certains citoyens haïtiens

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La fermeture de la frontière entre Haïti et la République dominicaine pèse très lourde sur la République voisine. Et qu’en est-il d’Haïti, où les autorités continuent de garder la frontière fermée ? La question préoccupante est de savoir combien de temps encore Haïti pourra maintenir cette fermeture sans envisager des alternatives viables. Dans cet article, nous allons analyser les raisons de la fermeture de la frontière, ses conséquences actuelles.

Port-au-Prince, le 14 octobre 2023.- Fermée depuis le 15 septembre dernier par le gouvernement dominicain en raison de la construction d’une prise sur la rivière Massacre, les activités économiques le long de la frontière sont quasiment au point mort.

Après plusieurs plaintes des entreprises dominicaines auprès de leur gouvernement, celui-ci a décidé de rouvrir partiellement ses frontières à des fins commerciales le mercredi 11 octobre 2023. Alors qu’aujourd’hui, c’est la République d’Haïti qui garde sa frontière fermée. Les citoyens haïtiens prônent désormais une revitalisation de la production locale en vue de contrer cette décision.

La fermeture est désastreuse pour les deux pays

Il y a de cela plusieurs semaines, l’expert des Nations Unies sur les droits humains en Haïti M. William O’Neill a exprimé au journal ONU Info, ses préoccupations à propos de cette fermeture. « Je suis extrêmement alarmé par la décision du gouvernement de la République dominicaine de fermer sa frontière terrestre, maritime et aérienne avec Haïti ».
En République Dominicaine, la fermeture de la frontière a engendré la dégradation de l’économie en raison de la dépendance des entreprises dominicaines d’Haïti. « Les échanges commerciaux ont été réduits de près de 60 %. Les éleveurs de poulets de Licey al Medio et de Moca craignent l’avenir incertain de leurs exploitations », se plaint l’ancien président dominicain Leonel Fernandez, qualifiant de ‘’grave erreur’’ la décision du gouvernement actuel.

En Haïti, c’est comme s’il n’y avait pas de conséquences, du moins pour le moment. Les citoyennes et citoyens n’y voient aucun inconvénient. Ils coopèrent. Certains interviewés par la Rédaction de Vant Bèf Info croient qu’il est temps de préserver « la dignité Haïtienne » face à la République voisine. « Yap fè stil sou nou, si nou pa achte pwodui yo nan men yo, se pou yo lap pi mal », martèle Linda, une commerçante de la commune de Delmas.

Questionnés autour d’une possible réouverture, des commerçants témoignent leur ras-le-bol face au comportement du gouvernement dominicain, qui selon eux, montre son niveau d’égoïsme quant à la prise haïtienne effectuée sur la rivière du Massacre. Tandis que les dominicains en ont déjà construit plus d’une dizaine.

Alternatives possibles

Plusieurs réunions ont eu lieu entre les autorités haïtiennes et les entrepreneurs locaux en vue d’identifier d’autres marchés de la région et éliminer sinon réduire la dépendance d’Haïti de la République Dominicaine en matière d’importation.

Il est important de considérer que la fermeture de la frontière a des répercussions importantes sur les deux Républiques. D’un côté, les dominicains fustigent l’attitude raciste du président Luis Abinader en raison du manque à gagner engendré par la fermeture unilatérale de la frontière. D’un autre côté, cela provoque une rareté logique de certains produits comme l’œuf, le poulet, entre autres, étant des produits très consommés en Haïti. Cependant, les haïtiennes et haïtiens continuent de cracher leur mécontentement face au manque de respect du gouvernement dominicain. Cet orgueil nourrit leur faim : « KANAL LA PAP KANPE ! »

Anincia Felix

Vant Bèf Info (VBI).