Haiti : une saison estivale sous le signe de l’ennui dans la capitale

Les salles de classe ont fermé leurs portes et les grandes vacances sont officiellement lancées. Pourtant, pour de nombreux écoliers de la zone métropolitaine de Port-au-Prince, cette période autrefois synonyme de découvertes, de loisirs et de détente s’annonce une nouvelle fois monotone. 

Port-au-Prince, le 6 juillet 2026 – 

Entre insécurité, restrictions de déplacement et manque d’activités, les options se font rares.

Les traditionnels championnats de football ou de basket-ball continuent d’animer quelques quartiers. Mais ces initiatives demeurent insuffisantes pour combler le vide laissé par la disparition de nombreuses activités estivales. Les sorties à la plage, jadis incontournables, sont devenues difficiles, voire impossibles pour une partie de la population, en raison de l’insécurité qui touche plusieurs axes routiers.

Depuis plusieurs années, les téléphones intelligents sont devenus le principal compagnon de vacances de nombreux jeunes. Réseaux sociaux, jeux en ligne et vidéos occupent désormais une grande partie de leur quotidien, à condition de disposer d’une connexion Internet.

La piscine constitue l’une des rares alternatives encore accessibles. Entre amis ou en famille, certains adolescents y passent quelques heures pour rompre avec la routine. En revanche, les escapades vers les montagnes, les rivières ou les autres départements du pays, autrefois très prisées, restent hors de portée pour beaucoup.

 Pendant ce temps, mangues, noix de coco, cannes à sucre et avocats abondent dans plusieurs régions, mais attirent peu de visiteurs.

Alors que les autorités évoquent régulièrement une relance du tourisme, de nombreux jeunes disent se sentir prisonniers de leur propre ville. Les déplacements vers des sites autrefois populaires, notamment à Kenscoff, sont fortement limités par l’insécurité. Plusieurs espaces touristiques ont été abandonnés, vandalisés ou occupés illégalement.

Les élèves interrogés par la rédaction de Vant Bèf Info (VBI) décrivent des vacances marquées par l’ennui. Beaucoup regrettent de ne plus pouvoir se promener librement ni découvrir les richesses naturelles du pays comme auparavant.

Originaire du Plateau Central, Nadjee vit aujourd’hui chez son oncle à Delmas après avoir fui sa localité en raison de la violence des groupes armés. Elle confie que ses vacances ont perdu toute saveur. « Je ne peux plus revivre les moments paisibles que je connaissais avant », raconte-t-elle avec nostalgie.

Les associations de jeunesse s’inquiètent également du recul de l’accès aux loisirs et de la dégradation progressive des espaces naturels. Pour elles, les jeunes Haïtiens perdent peu à peu la possibilité de profiter pleinement de leur pays.

Si la situation sécuritaire ne s’améliore pas, cette saison estivale risque de ressembler aux précédentes : une période dominée par l’insécurité, la précarité, l’isolement et une profonde monotonie, loin de l’image des vacances auxquelles aspirent les enfants et les adolescents.

Uguenson Auguste 
Vant Bèf info (VBI)


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