Haïti : quand la prière se heurte au fracas des armes

Le 9 mai 2026, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Vatican, célébrait une messe solennelle à la basilique Sainte-Marie-Majeure. Son homélie, empreinte d’espérance, invoquait la paix pour Haïti, pays meurtri par des années de violences. Mais au même moment, à des milliers de kilomètres de Rome, les armes crépitaient dans l’Artibonite.

Delmas,le 11 mai 2026-

Une messe pour la paix, un pays en guerre

Alors que le cardinal rappelait que « Dieu écoute le cri de toutes les victimes de l’injustice et de la misère », des gangs armés s’affrontaient à Saint-Marc. L’attaque des bandits de Savien a fait huit morts et trois blessés à Kafou Robert. À Duvivier, des hommes lourdement armés ont semé la terreur, visant même le lycée local. Des familles entières ont dû fuir vers Martial, laissant derrière elles maisons et souvenirs.

Le cri du Vatican face à l’indifférence

« Que la paix règne pour toujours en Haïti », a imploré le cardinal Parolin. Son message s’adressait non seulement aux fidèles présents, mais aussi à la communauté internationale, trop souvent indifférente aux souffrances du peuple haïtien. Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, reçu le matin même par le pape Léon XIV, participait à cette célébration, symbole d’un appel conjoint à la solidarité mondiale.

Une crise humanitaire sans précédent

Depuis 2021, Haïti vit sous la coupe des gangs. Plus de 1,4 million de personnes ont été déplacées. En 2025 seulement, 5 500 morts et 2 600 blessés ont été recensés par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Ces chiffres glaçants traduisent une réalité quotidienne : une population piégée entre la peur et l’exil.

Prière et action : un double impératif

Le cardinal a conclu son homélie en consacrant à Marie tous ceux qui, malgré la violence, continuent de servir les plus faibles : évêques, prêtres, religieux, mais aussi hommes et femmes de bonne volonté. Pourtant, au-delà des prières, la population réclame des actes. Sans mesures concrètes pour désarmer les gangs, restaurer l’État et protéger les civils, les offensives continueront.

Cet épisode projette à la face de tous, la fracture entre l’espérance spirituelle et la dure réalité du terrain. La paix en Haïti ne pourra naître que d’un engagement collectif : celui des autorités locales, de la communauté internationale et de la société civile. La prière est une force, mais elle doit s’accompagner d’actions tangibles pour briser le cycle de la violence.

Uguenson Auguste
Vant Bef Info (VBI)


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