Haïti-Politique : Clarens Renois met en garde contre des élections dans un climat d’insécurité
À quelques mois des échéances électorales annoncées en Haïti, le coordonnateur général du parti UNIR, Clarens Renois, met en doute la possibilité d’organiser un scrutin crédible dans les conditions actuelles. Invité, ce lundi 31 août, à la Radio Nationale d’Haïti, il a également exprimé des réserves sur la fiabilité du processus électoral.

Port-au-Prince, 31 août 2026. Selon Clarens Renois, Haïti traverse l’une de ses plus graves crises sociopolitiques depuis la fin de la période duvaliériste. L’expansion des groupes armés, leur contrôle de plusieurs territoires et la multiplication des violences constituent, à ses yeux, des obstacles majeurs à l’organisation d’élections démocratiques.
Le dirigeant d’UNIR dénonce également la persistance des violences et estime que la réponse des autorités face à la progression de l’insécurité reste insuffisante.
Il évoque notamment la situation à Kenscoff, où de graves violences ont récemment été enregistrées et attribuées à des groupes armés. Plusieurs personnes auraient été tuées, tandis que d’autres auraient été enlevées ou séquestrées.
« L’arrogance des gangs armés pour exhiber leurs armes et semer la terreur par des massacres montre à quel niveau l’État s’adapte à la normalisation de la criminalité à travers le pays. Aucun respect pour les dépouilles des victimes, aucune réponse proportionnelle et aucune sanction jusqu’à date », dénonce Clarens Renois.
UNIR réclame justice pour les victimes de Kenscoff
Face à la gravité de la situation, UNIR critique la réponse des autorités, notamment celle des responsables de la sécurité nationale réunis au sein du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN).
Le parti réclame une enquête sur les violences enregistrées à Kenscoff. Il demande également que les victimes et leurs familles puissent obtenir justice et réparation.
Au-delà de la situation sécuritaire, Clarens Renois s’interroge sur la capacité des autorités à organiser les prochaines élections dans des conditions acceptables.
Selon lui, l’insécurité qui touche plusieurs régions du pays, les difficultés d’accès à Port-au-Prince et le manque de confiance dans le processus électoral pourraient affecter la crédibilité du scrutin.
« Pour moi, le CEP est en train de préparer un massacre électoral dans ce contexte d’insécurité. Les routes donnant accès à la capitale, Port-au-Prince, restent bloquées et les massacres continuent. En résumé, c’est une mascarade qui est en train de se préparer », affirme-t-il.
UNIR appelle à une alternative politique
Pour le coordonnateur général d’UNIR, la priorité doit être de créer les conditions nécessaires à une participation libre et sécurisée des citoyens à la vie politique.
Il estime que, si les autorités ne parviennent pas à rétablir la sécurité, Haïti devra envisager une autre voie politique.
Clarens Renois plaide ainsi pour la recherche d’une « solution à l’haïtienne », qui pourrait conduire à la mise en place d’un gouvernement crédible et d’une structure de gouvernance conforme aux prescriptions de la Constitution.
À l’approche des prochaines échéances électorales, ses déclarations soulèvent une question centrale : comment organiser un scrutin crédible lorsque l’insécurité limite la circulation, l’accès à certains territoires et la participation des citoyens ?
Pour UNIR, l’enjeu ne serait donc pas seulement de déterminer la date des élections, mais aussi de garantir les conditions nécessaires à un scrutin libre, crédible et sécurisé.
Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)
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