Haïti : l’enrôlement des enfants par les groupes armés inquiète les défenseurs des droits humains

L’enrôlement des enfants par les groupes armés représente l’une des conséquences les plus graves de la crise sécuritaire en Haïti. Dans plusieurs régions du pays, des mineurs sont recrutés comme guetteurs, messagers ou combattants.

Port-au-Prince, le 31 juillet 2026.- Des organisations de défense des droits humains alertent sur la vulnérabilité croissante des enfants exposés à la violence des groupes armés. Selon elles, certains mineurs sont recrutés sous la menace, la manipulation ou en raison de conditions économiques précaires.

Face à cette situation, plusieurs acteurs multiplient les initiatives de prévention. Ils organisent des campagnes de sensibilisation, proposent un accompagnement psychosocial et soutiennent des programmes éducatifs destinés aux enfants à risque.

Cependant, ces interventions restent limitées par l’insécurité persistante et le manque de ressources disponibles.

La protection de l’enfant, une responsabilité de l’État

Pour Me Jean-Robert Pierre, avocat spécialisé en droits humains, les organisations de la société civile ne peuvent pas porter seules la lutte contre l’enrôlement des enfants.

« Les ONG jouent un rôle essentiel dans la sensibilisation et l’accompagnement des victimes. Mais elles ne peuvent pas remplacer l’État », affirme-t-il.

Selon l’avocat, la Convention relative aux droits de l’enfant et les engagements internationaux d’Haïti imposent aux autorités de prévenir le recrutement des mineurs, de poursuivre les responsables et de garantir la réinsertion des enfants victimes.

Il estime que l’État doit renforcer sa présence dans les zones les plus touchées par la violence. Cela passe notamment par l’accès à l’éducation, aux services sociaux et aux opportunités économiques pour les familles.

La pauvreté et l’absence d’opportunités favorisent le recrutement

Me Jean-Robert Pierre appelle également à la création d’un mécanisme national de protection de l’enfance. Celui-ci permettrait d’identifier rapidement les enfants vulnérables et de coordonner les interventions des institutions concernées.

« Tant que les enfants resteront sans accès à l’éducation et sans perspectives d’avenir, les groupes armés continueront d’exploiter leur vulnérabilité », prévient-il.

Des défenseurs des droits humains rappellent que la lutte contre l’enrôlement des enfants ne peut pas se limiter à une réponse sécuritaire. Elle doit aussi inclure des politiques publiques liées à l’éducation, à la justice et à la protection sociale.

Vers une stratégie nationale de protection de l’enfance

Alors que la violence armée continue de fragiliser plusieurs communautés haïtiennes, des observateurs plaident pour une stratégie nationale impliquant l’État, les organisations de défense des droits humains, les communautés locales et les partenaires internationaux.

Selon eux, seule une approche globale permettra de réduire durablement le recrutement des enfants par les groupes armés et de garantir leur droit à une enfance protégée.

Judelor Louis Charles
Vant Bèf Info (VBI)


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