Haïti : la CARICOM revient évaluer une transition fragilisée par l’insécurité
Une délégation de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) est attendue en Haïti du 2 au 9 septembre 2026. Cette mission vise à évaluer la situation politique et sécuritaire du pays et à rencontrer des représentants du gouvernement, des acteurs politiques et de la société civile.

Port-au-Prince, 1er septembre 2026. —Cette nouvelle visite intervient alors que la transition haïtienne peine à atteindre ses principaux objectifs. L’insécurité continue de freiner le processus électoral et de compliquer le retour à un ordre constitutionnel normal.
Une transition sans élections
Haïti n’a pas organisé d’élections nationales depuis 2016. Depuis plusieurs années, les échéances électorales annoncées sont régulièrement reportées en raison des crises politiques, institutionnelles et sécuritaires.
Après l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021 et l’expansion des groupes armés, la CARICOM s’est impliquée davantage dans la recherche d’une solution politique.
En 2024, l’organisation régionale avait participé aux discussions ayant conduit à la création du Conseil présidentiel de transition. Cette structure devait notamment rétablir la sécurité, préparer les élections et faciliter le retour à un gouvernement élu.
Mais le Conseil présidentiel de transition a terminé son mandat en février 2026 sans organiser le scrutin prévu.
Le gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé a ensuite pris en charge cette nouvelle phase de transition, avec pour priorités la sécurité et la préparation des élections.
L’insécurité, principal défi électoral
Sur le terrain, la situation reste difficile. Les groupes armés continuent d’étendre leur contrôle dans plusieurs régions du pays. Les violences provoquent également de nouveaux déplacements de population.
L’attaque menée à Kenscoff en août 2026 illustre cette fragilité sécuritaire. Selon les informations disponibles, au moins 47 personnes ont été tuées lors de cette offensive.
Cette situation soulève des inquiétudes sur la capacité des autorités à organiser les élections prévues par le Conseil électoral provisoire (CEP) le 13 décembre 2026.
La tenue d’un scrutin ne dépend pas uniquement de la fixation d’une date. Elle nécessite la sécurité des électeurs, la libre circulation des candidats, l’accès aux centres de vote et la protection des opérations électorales.
Une mission sous pression
La CARICOM revient donc en Haïti dans un contexte délicat. L’organisation devra notamment mesurer l’écart entre les engagements annoncés et la réalité sur le terrain.
À quelques mois des élections, l’enjeu principal reste la capacité des autorités à créer les conditions nécessaires pour permettre aux citoyens de voter dans un climat sécurisé.
La question n’est donc plus seulement de savoir si Haïti possède un calendrier électoral, mais si le pays dispose encore des conditions politiques et sécuritaires nécessaires pour respecter ce calendrier.
Moïse François
Vant Bèf Info (VBI)
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